ENTRETIEN – Le professeur à Sciences Po observe l’émergence d’une nouvelle catégorie de pays, en retrait de la course Sino-américaine.
Zaki Laïdi, professeur à Sciences Po, est le coauteur de l’ouvrage How the Global South Navigates the Sino-American Competition (Cambridge University Press), publié en février dernier. Il y observe l’émergence d’un groupe de pays qu’il appelle les «hedgers» (que l’on peut traduire par «ceux qui évitent»), qui ont fait le choix stratégique de se positionner en marge de la course sino-américaine.
LE FIGARO.- Que sont ces pays que vous appelez «hedgers» ?
ZAKI LAÏDI.- Ce sont les nouveaux pays non-alignés. Ce qui les différencie du groupe des non-alignés pendant la Guerre Froide, c’est d’abord que les «hedgers» d’aujourd’hui ne forment pas un groupe homogène, pourvus d’une conscience d’appartenance. On y trouve huit pays : l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam, les Émirats arabes unis, le Brésil, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le Qatar. Leur composition est différente de la guilde menée par Nasser. Ce sont les crises successives qui amènent les États à converger, mais ce serait même…

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