L’Iran menace la mer Rouge : le risque d’un blocage global

L’Iran menace d’étendre le conflit à la mer Rouge en riposte au blocus américain, faisant planer le risque d’un choc majeur sur le commerce mondial et les marchés de l’énergie.

Le rapport de force s’est durci ces derniers jours. Tandis que Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz — artère vitale pour le pétrole mondial —, Washington a instauré un blocus maritime visant directement les ports iraniens. « Les forces américaines ont complètement mis à l’arrêt le commerce maritime » de l’Iran, a assuré le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper, soulignant qu’environ « 90 % de l’économie iranienne » dépendaient de celui-ci.

En réponse, Téhéran hausse le ton. Si les Etats-Unis « créent de l’insécurité pour les navires commerciaux de l’Iran et les pétroliers », cela constituera « le prélude » à une violation du cessez-le-feu, a averti le général Ali Abdollahi. L’Iran ne permettra « aucune exportation ou importation dans le Golfe persique, en mer d’Oman ou en mer Rouge », a-t-il ajouté.

A LIRE AUSSI

À Ormuz, le blocus des États-Unis mis à l’épreuve par le passage des navires chinois et libériens

Une telle extension du conflit à la mer Rouge — potentiellement via les rebelles houthis — ferait peser une menace directe sur une autre voie clé du commerce mondial, reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

Des négociations fragiles

En parallèle, les canaux diplomatiques restent ouverts, sans avancée décisive. Une délégation pakistanaise tente de relancer le dialogue entre Téhéran et Washington après l’échec d’un premier cycle de discussions à Islamabad.

Selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, « plusieurs messages avaient été échangés via le Pakistan » depuis trois jours. Mais les lignes rouges demeurent. Le droit au nucléaire civil ne peut être « retiré sous la pression ou à travers la guerre », a-t-il affirmé, évoquant seulement des discussions possibles sur « le niveau et le type d’enrichissement » d’uranium, un processus jugé « incontestable ».

Newsletter

L’Alerte La Tribune

Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

A LIRE AUSSI

Guerre en Iran : le FMI douche les espoirs de reprise mondiale

Côté américain, le discours reste fluctuant. Donald Trump a assuré mardi soir que la guerre était « presque finie », avant qu’un haut responsable ne démente dès le lendemain toute prolongation actée du cessez-le-feu.

Pékin en arbitre discret

Dans ce jeu d’équilibre instable, la Chine apparaît comme un acteur clé. Donald Trump affirme avoir obtenu de Pékin un soutien implicite à sa stratégie, assurant que « La Chine est très heureuse que j’ouvre de manière permanente le détroit d’Ormuz » et qu’elle aurait « accepté de ne pas envoyer d’armes à l’Iran ». Ces déclarations, difficilement vérifiables, interviennent à quelques semaines d’un déplacement stratégique du président américain en Chine.

Mais au-delà des postures politiques, l’inquiétude gagne les grandes économies. Les ministres des Finances de onze pays ont appelé « à une résolution négociée rapide et durable du conflit », alertant sur les risques majeurs pesant « sur la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la stabilité économique et financière ».

Pour Phillips O’Brien, professeur en études stratégiques, deux scénarios se dessinent : « soit il s’agit d’un vaste coup de bluff des deux côtés et nous sommes au bord d’un accord », soit « nous sommes sur le point d’assister à un événement économique majeur », à mesure que le double blocus se prolonge.

Un risque de contagion régionale

Parallèlement, le front libanais reste actif. Israël, qui ne se considère pas lié par la trêve, poursuit ses frappes contre le Hezbollah, revendiquant plus de 200 cibles touchées en 24 heures, tandis que des tirs de roquettes se poursuivent.

A LIRE AUSSI

Le monde connaît le « choc d’offre pétrolière le plus grave de l’histoire », selon l’AIE

Dans ce contexte, l’ouverture de négociations directes entre Israël et le Liban — une première depuis 1993 — apparaît comme un signal diplomatique notable, bien que fragile. Le Hezbollah a immédiatement dénoncé une « capitulation ». Avec près d’un million de déplacés au Liban, selon l’ONU, le conflit continue d’alimenter une instabilité régionale susceptible de déborder sur les équilibres économiques globaux.

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *