Carburants : les distributeurs vent debout contre l’encadrement de leurs marges

Les distributeurs demandent le « retrait » du projet du gouvernement d’encadrer les marges sur le carburant, et plaident pour la suspension des certificats d’économies d’énergie afin de faire baisser les prix à la pompe.

Le projet du gouvernement d’encadrer les marges sur le carburant suscite une levée de boucliers des distributeurs, qui demandent le « retrait » de ce texte.

Dans une lettre envoyée au Premier ministre ce mercredi 15 avril, les patrons des principaux distributeurs dénoncent un texte « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».

« Ça devient insupportable de prendre des décisions dans l’urgence, sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout qui ne vont rien produire », s’est agacé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, mercredi sur Franceinfo.

Prix lissé sur la moyenne lissée des cinq derniers jours

Le projet de décret prévoit notamment que le prix de vente autorisé soit fixé en tenant compte du prix de référence quotidien de l’essence ou du gazole calculé sur la moyenne lissée des cinq derniers jours (ou cinq dernières cotations) sur le marché de Rotterdam.

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Les distributeurs pointent ici « des défauts techniques » qui rendent le texte « inapplicable ». Le prix glissant sur cinq jours décorrèle « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », ce qui contraindrait les distributeurs à « vendre à perte ».

Les dirigeants de Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U dénoncent une « atteinte disproportionnée » à leur « liberté d’entreprendre ». Ces cinq leaders du marché français ont exprimé leur position dans une missive datée de mardi.

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« Ce mécanisme de prix administré ralentira la transmission des baisses aux consommateurs, soit l’exact inverse de l’objectif poursuivi », ajoutent les mêmes dirigeants.

En lieu et place de ce texte, ils proposent de suspendre « temporairement » la collecte des certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre ».

Un mécanisme aux effets marginaux

Pour Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) interrogé mercredi sur TF1, l’idée du gouvernement est « louable » car il s’agit d’« éviter les mouvements erratiques à la pompe ». Mais, ce mécanisme ne fera baisser les prix que « marginalement », de « quelques centimes », car « le marché » décidera véritablement de la variation des prix.

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« Nos marges sur les carburants sont d’un à deux centimes par litre, elles couvrent à peine les coûts d’exploitation », se défendent les distributeurs, pour qui « ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran », et ce, alors que « ce décret ne leur impose strictement rien ».

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