« Où va-t-on bien pouvoir mettre ces corps ? » : dans un cimetière provisoire du Sud-Liban, la mort en transit

REPORTAGE – Sur la colline d’Haret Saïda, même la mort est incertaine. En attendant de pouvoir regagner leurs villages, les familles déposent leurs défunts dans des sépultures temporaires. Les corps s’accumulent. 

C’est un cimetière à l’abri du tumulte, une antichambre où la guerre vient déposer ses morts dans l’attente de mieux. Dans cette parcelle de terre, même le repos éternel devient provisoire. Des blocs de parpaings blanchis par la poussière ceinturent des fosses béantes et obscures. Autant de gueules ouvertes, prêtes à recracher leurs morts.

Une famille, venue voir leur défunt proche, déambule dans les allées du cimetière.
Merlin Ferret / agence Encrage / pour «Le Figaro»

Depuis le 2 mars et la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah, interrompue par un cessez-le-feu entré en vigueur jeudi soir, quatre-vingt-six corps ont été déposés dans cette portion de cimetière, couchée sur une colline d’Haret Saïda, à la lisière du sud du Liban. Ouverte à la faveur du précédent conflit avec Israël, en 2024, elle accueille temporairement les dépouilles empêchées par la guerre de reposer chez elles. La plupart viennent du sud, en « zone rouge », soumis aux ordres de déplacement forcé de l’armée israélienne. Impossible, pendant les combats, pour les familles, de les y enterrer sans risquer elles-mêmes d’être prises pour…

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