Les médecins face à ChatGPT : l’IA a déjà pris une longueur d’avance

Le sujet s’est faufilé comme une évidence. Si bien qu’au début, personne ne s’est aperçu de la confidence. Début mars, L’Express rencontrait Andréas Werner, le président de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, dans le cadre d’un article sur les IA conversationnelles en santé. Les échanges tournaient autour de la performance de ces outils, de la nécessité de technologies européennes, quand, au milieu d’une phrase, le ton libéré des formalités d’usage, surgit l’anecdote. Lui aussi, s’en remet parfois aux intelligences artificielles sur certaines questions médicales. De temps en temps, ce membre d’une demi-douzaine de sociétés savantes internationales, et spécialiste respecté, consulte ChatGPT sur certains syndromes qu’il n’a pas revu depuis la faculté, ou à propos de médicaments qu’il n’utilise guère.

L’outil peut faire gagner du temps. Car le pédiatre tient en parallèle un site Internet où échouent les demandes de parents en détresse. A raison de trois questions par jour, le médecin n’arrivait pas à répondre assez rapidement aux questions les plus épineuses. Alors Andréas Werner s’est dit que demander à l’intelligence artificielle de digérer la littérature, et de pondre une réponse comestible, après tout, ce n’était pas si horrible. “Même s’il y a trop d’erreurs, ces outils sont quand même pas mal, vous ne trouvez pas ?”, souriait-il lors de notre rendez-vous. Il s’amuse des faiblesses humaines, moque les recommandations des jeunes médecins débordés. Un jour, l’un d’entre eux s’agace. En poste au 15, il recommande de donner de vieux antibiotiques de fond de tiroirs à un enfant malade, en attendant une véritable consultation. Une bêtise. Le spécialiste titille : la machine, elle, ne fatigue pas. Aurait-elle fait la même erreur ?

.

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *