Une bonne nouvelle pour la deuxième économie du globe. La croissance de la Chine a dépassé les attentes au premier trimestre 2026. Et ce, malgré les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale.
Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine, deuxième économie mondiale, a progressé de 5,0 % sur un an sur la période janvier-mars, a indiqué le Bureau national des statistiques chinoises (BNS).
Ce chiffre est supérieur à la prévision médiane d’économistes interrogés par l’AFP, qui était de 4,8 %. L’économie chinoise « a connu un début d’année solide, démontrant une fois de plus sa résilience et sa vitalité », s’est félicité le BNS dans un communiqué
La Chine amortit le choc énergétique… pour le moment
Ce résultat, scruté par les marchés, est publié au moment où les prix internationaux de l’énergie s’envolent en réaction à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le conflit entrave le trafic maritime dans le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Il perturbe les échanges de marchandises entre le Moyen-Orient et la Chine.
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La Chine amortit donc pour l’heure le choc énergétique mieux que d’autres pays asiatiques grâce à ses importantes réserves stratégiques de pétrole, à la diversification de ses approvisionnements et à son recours au charbon, selon des analystes.
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Mais elle pourrait pâtir du ralentissement économique mondial si la crise au Moyen-Orient perdure. D’autant que le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse cette semaine ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, avertissant que l’économie planétaire devrait subir le contrecoup de la guerre au Moyen-Orient.
Consommation des ménages toujours en berne
Pour rappel, Pékin vise une croissance économique annuelle de 4,5 % à 5 % cette année – l’objectif le plus bas depuis des décennies. Le gouvernement reste aux prises avec une crise persistante dans le secteur immobilier, un ralentissement durable de la consommation et un chômage important chez les jeunes.
Dans son rapport publié cette semaine, le FMI a même revu à la baisse sa prévision de croissance pour la Chine cette année, la ramenant à 4,4 %, 0,1 point en dessous de l’objectif du gouvernement. Des données publiées cette semaine par les Douanes chinoises ont montré que la croissance des exportations a fortement ralenti en mars, signe que la guerre au Moyen-Orient commençait à avoir un impact.
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À noter : le BNS a annoncé ce jeudi d’autres chiffres économiques, pas forcément rassurants. La croissance des ventes de détail, principal indicateur de la consommation, a ralenti plus qu’attendu en mars, soulignant les difficultés du gouvernement à relancer les dépenses des ménages. Elles ont progressé de 1,7 % sur un an le mois dernier. Un groupe d’économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur 2,4 %.
De son côté, la production industrielle a connu en mars un taux de croissance de 5,7 % en glissement annuel. C’est davantage qu’anticipé par Bloomberg (5,3 %), mais sensiblement moins que le chiffre enregistré précédemment sur la période janvier-février (6,3 %).
Les exportations menacées par le conflit en Iran
La progression de la croissance au premier trimestre a été alimentée par les exportations, la construction et l’industrie, et pas vraiment par la demande intérieure, souligne dans une note Zichun Huang, analyste au cabinet Capital Economics.
« Nous pensons que la croissance ralentira légèrement sur le reste de l’année », affirme-t-elle. « Même si l’économie chinoise tient bien la route, elle devient de plus en plus dépendante de la demande extérieure », a-t-elle ajouté, notant que la guerre en Iran « ne devrait que renforcer cette tendance ».
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Des fournisseurs chinois et des acheteurs internationaux présents à la Foire de Canton (sud de la Chine), le plus grand salon commercial du pays, ont exprimé auprès de l’AFP leur inquiétude pour leurs affaires sous l’effet de la guerre. Ils évoquent des commandes en baisse et des coûts de transport qui ont explosé.
Le directeur adjoint des Douanes chinoises, Wang Jun, a reconnu ce mardi « de nombreuses incertitudes et instabilités dans l’environnement extérieur », c’est-à-dire à l’étranger.

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