Dans les salons feutrés de l’Hôtel de Lassay, au cœur du pouvoir législatif, l’intelligence artificielle s’est invitée, le temps d’une soirée, au croisement des enjeux économiques et politiques. C’est là, devant plus de 350 acteurs de la tech, de l’industrie et des institutions, que JFD a dévoilé le palmarès 2026 des Margaret Awards.
Ouverte par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, la cérémonie a d’emblée inscrit l’IA dans un cadre plus large que la seule innovation technologique. « L’intelligence artificielle n’est pas seulement un défi technologique, mais un enjeu de société, de démocratie et de souveraineté », a-t-elle souligné, appelant à inspirer « toute une génération de femmes à innover avec exigence, responsabilité et vision ».
Trois trajectoires pour incarner l’IA en action
Cette 14e édition, baptisée « United by Tech » et parrainée par l’économiste Philippe Aghion, a distingué trois profils aux parcours complémentaires, tous tournés vers des applications concrètes de l’intelligence artificielle. Côté entrepreneuriat, Roxane Laigle, cofondatrice et CEO de Lemrock AI, développe une technologie qui permet aux marques de vendre directement via des agents conversationnels. Une approche qui anticipe l’évolution des usages dans le commerce, à mesure que les interfaces automatisées s’imposent.
Dans la catégorie intrapreneure, Juliette Mattioli, figure de référence chez Thales, est récompensée pour son rôle dans le projet Confiance.ai. Son travail vise à structurer une intelligence artificielle fiable et certifiable pour les industries sensibles, un enjeu croissant à mesure que ces technologies s’intègrent dans des systèmes critiques. Enfin, la catégorie junior distingue Koralie Theresine, 22 ans, pour son projet DigiTwin. Sa technologie de jumeau numérique permet de détecter précocement le sepsis, une infection potentiellement mortelle, illustrant l’apport direct de l’IA dans le domaine de la santé.
Des projets déjà ancrés dans l’économie réelle
Au-delà de la diversité des profils, un point commun se dégage : ces solutions sont déjà positionnées sur des usages identifiés, au croisement de la santé, du commerce et de l’industrie. « L’intelligence artificielle est le moteur de la destruction créatrice de notre siècle », a rappelé Philippe Aghion, prix Nobel d’économie et parrain de cette promotion. « Pour transformer cette accélération technologique en succès économique, l’Europe doit unir ses talents, ses investisseurs et ses valeurs. La mixité n’est pas une option, c’est un impératif de compétitivité ».
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Un message relayé par Delphine Remy-Boutang, fondatrice de JFD, qui insiste sur la capacité de ces profils à structurer de nouveaux standards. « Les trois lauréates ne se contentent pas de suivre les normes : elles les définissent. L’enjeu est de concrétiser cette dynamique en opportunités économiques et industrielles », a-t-elle déclaré. Les trois lauréates intègrent à ce titre un programme d’accélération valorisé à un million d’euros, avec mentorat, accès à des partenaires industriels et opportunités commerciales.
Une vitrine qui dépasse la reconnaissance
Plus qu’une cérémonie, cette édition 2026 des Margaret Awards s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un écosystème qui cherche à structurer des réponses concrètes face aux mutations en cours.
En mettant en avant ces trajectoires féminines, JFD entend aussi souligner un enjeu persistant. Dans un secteur encore largement masculin, la diversité des profils apparaît de plus en plus comme un facteur clé d’innovation et de performance.
À l’Hôtel de Lassay, le message était clair : la bataille de l’intelligence artificielle se jouera autant sur la capacité à développer des technologies que sur celle à faire émerger des usages concrets et des modèles économiques viables.

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