La Corée du Nord a procédé, dimanche 19 avril, à des tirs d’essai de plusieurs missiles balistiques, derniers d’une série effectuée ces dernières semaines, a fait savoir l’armée sud-coréenne.
« Nos forces armées ont détecté plusieurs missiles balistiques non identifiés tirés en direction de la mer de l’Est depuis la région de Sinpo, en Corée du Nord, vers 6 h 10 [23 h 10, samedi, heure de Paris] », a indiqué l’état-major interarmées sud-coréen, faisant référence à l’espace maritime aussi désigné sous l’appellation mer du Japon. « Nous avons renforcé notre dispositif de surveillance et de vigilance en prévision d’éventuels tirs supplémentaires », a-t-il ajouté.
Ce tir porte à six le nombre de tests de missiles balistiques connus de la Corée du Nord depuis le début de l’année. Le 14 avril, les médias d’Etat nord-coréens avaient par ailleurs rendu compte d’un essai de missiles de croisière depuis un destroyer en mer Jaune, en présence du dirigeant Kim Jong-un.
Les sanctions imposées par les Nations unies à la Corée du Nord pour son programme d’armement nucléaire lui interdisent en principe le tir de missiles balistiques, qui effectuent la majeure partie de leur trajectoire dans l’espace. Les missiles de croisière, qui restent dans l’atmosphère, demeurent autorisés.
« Augmentation inquiétante » des capacités nucléaires de Pyongyang
Ces derniers essais interviennent alors que la Corée du Nord reste sourde aux gestes du président de centre-gauche sud-coréen, Lee Jae-myung, pour tenter d’améliorer les relations entre les deux pays ; elles sont devenues exécrables sous le gouvernement de son prédécesseur de droite, Yoon Suk Yeol.
Séoul a notamment exprimé des regrets après l’incursion de drones civils en Corée du Nord en janvier, un geste initialement qualifié de « comportement très heureux et sage » par Kim Yo-jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen. Mais un haut responsable a ensuite décrit en avril la Corée du Sud comme « l’Etat ennemi le plus hostile » à Pyongyang.
La Corée du Nord considère son programme d’armes nucléaires et de missiles balistiques comme une assurance-vie face aux volontés d’invasion qu’elle prête à la Corée du Sud et aux Etats-Unis.
Mercredi, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, avait fait état d’une « augmentation très inquiétante » des capacités nucléaires de la Corée du Nord, estimées selon lui à « quelques dizaines d’ogives ».
