Sébastien Lecornu cherche la parade à un phénomène qu’il a lui-même sous-estimé. A un an de l’élection présidentielle, le monde politique, « très tourné vers lui-même », vit un grand moment de déréalisation, estime-t-on à Matignon. Après le choc de la dissolution de l’Assemblée en juin 2024, la compétition électorale qui s’ouvre pour l’élection présidentielle de 2027 corse un peu plus la tâche d’un premier ministre sommé d’improviser sans majorité établie. Les partis absorbés dans leurs organisations internes, guidés par des personnalités soucieuses de se démarquer du pouvoir actuel, se retrouvent dans le viseur du premier ministre. Ce dernier craint à terme d’être la victime collatérale d’ambitions contrariant ses vœux de stabilité.
Un autre argument aurait pourtant dû faire autorité. Si les crises – politique, internationale, financière, énergétique –, toujours plus aiguës, s’accumulent, il n’en demeure pas moins que le premier ministre peine à remobiliser les parlementaires derrière lui, après la parenthèse budgétaire où le débat parlementaire avait retrouvé un enjeu.
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