La Russie dissimule ses difficultés économiques, d’après le renseignement suédois

C’est une nouvelle manipulation qui illustre les capacités de Moscou à réécrire les faits en sa faveur. Selon Thomas Nilsson, le chef des services de renseignement militaire et de sécurité suédois (Must), qui s’est exprimé dans le Financial Times le 20 avril, la Suède dispose à ce jour d’informations indiquant que la Russie manipule systématiquement ses données pour tromper les alliés occidentaux de l’Ukraine en leur faisant croire que son économie a résisté à la pression de ses lourdes dépenses de guerre et des sanctions occidentales.

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En public, Vladimir Poutine s’exonère déjà de toute responsabilité quant à la santé de son pays : mercredi dernier, il a exigé des explications du gouvernement et de la Banque centrale sur les raisons pour lesquelles l’économie russe affiche des performances inférieures aux attentes cette année, appelant à des mesures urgentes pour relancer la croissance lors de sa deuxième critique publique en un mois sur la faiblesse économique. Selon les chiffres du ministère du Développement économique russe détaillés par le Moscow Times, le PIB en janvier et février était inférieur de 1,8 % à celui de la même période l’an dernier.

Déficit dégonflé de 30 milliards de dollars

Mais selon le Must, la situation réelle est bien pire. Alors que Moscou affirme maîtriser l’inflation, les renseignements suédois jugent que la banque centrale russe sous-estime cette dernière, qu’ils estiment proche du taux directeur de 15 %, plutôt que du chiffre officiel de 5,86 %. Thomas Nilsson a par ailleurs indiqué au Financial Times que la Suède partageait l’avis du BND, le service de renseignement extérieur allemand, selon lequel la Russie sous-estime son déficit budgétaire de 30 milliards de dollars. Le Must a également observé certains indicateurs financiers pouvant signaler une future crise bancaire, a-t-il ajouté.

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“En dépit des prix élevés du pétrole observés ces derniers temps qui ont permis à la Russie d’accroître ses revenus, il faudrait que le prix du pétrole dépasse 100 dollars le baril pendant une année entière pour résorber le déficit budgétaire russe”, complète dans un communiqué publié lundi soir le Must, selon qui la Russie veut “apparaître plus résiliente qu’elle ne l’est en réalité”.

En Russie, les revenus gaziers ont encore chuté de 45 % au premier trimestre de cette année par rapport à 2025, alors que les recettes hors pétrole n’ont augmenté que de 7 %, malgré des hausses de la TVA et des droits d’accises. Les dépenses publiques, elles, ont augmenté de 17 %.

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