Pour éviter un dérapage du budget 2026, le gouvernement devra tenir parole sur les économies

Les six milliards d’euros d’économies potentielles sur l’État et la Sécurité sociale, annoncés mardi par l’exécutif en comité d’alerte sur les finances publiques, devront être réalisés pour maintenir le déficit à 5 % du PIB en 2026, insiste le Haut conseil des finances publiques dans un nouvel avis rendu ce mercredi 22 avril.

Le gouvernement ne va pas avoir le choix. Pour tenir le déficit à 5 % du PIB en 2026, il va devoir mettre en œuvre les mesures annoncées, mardi, en comité d’alerte des finances publiques. C’est ce qui ressort d’un avis rendu, ce mercredi 22 avril, par le Haut conseil des finances publiques (HCFP), relatif au rapport d’avancement annuel du plan budgétaire et structurel à moyen terme (2025-2029), dont une copie doit être envoyée à Bruxelles avant la fin du mois.

Mardi, depuis Bercy, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a confirmé l’intention de l’exécutif de réaliser 6 milliards d’euros d’économies — 4 milliards d’euros sur l’État et 2 milliards sur la Sécurité sociale — pour faire face à la crise iranienne. D’après Bercy, le choc d’inflation a déjà fait bondir la charge de la dette de 3,6 milliards d’euros — la charge de la dette de l’État atteindrait 64 milliards d’euros cette année. Le matin même, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait partir un courrier à ses ministres leur demandant de « prendre en compte cette contrainte » pour dégager des marges de manœuvre dans leur ministère.

Mais à l’issue de la réunion du comité d’alerte — qui a rassemblé des ministres, des parlementaires, des représentants de l’État, des collectivités locales et des organisations syndicales — l’exécutif n’est pas allé au-delà dans les précisions techniques. « Les travaux sont en cours », ont répété à plusieurs reprises des conseillers ministériels.

Le HCFP travaille avec le mauvais chiffrage

De son côté, le Haut conseil des finances publiques a confirmé ce mercredi qu’il n’en savait pas davantage sur les mesures envisagées par Bercy. Pire, il a même travaillé à partir d’un chiffrage erroné, de 4 milliards d’euros, transmis par le gouvernement, avant de découvrir mardi le montant actualisé à 6 milliards d’euros. « Nous n’avons donc pas pu expertiser les mesures », a vivement regretté Carine Camby qui a assuré la conduite des travaux à la place de la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, obligée de se déporter en raison de ses anciennes fonctions ministérielles.

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