Si le commun des mortels réduit Freida McFadden à La Femme de ménage, les spécialistes savent que la romancière américaine ne se limite pas aux éponges et aux balais : elle a aussi écrit La Psy ou La Prof. Pourquoi aurait-elle le monopole du travail ? Avant que la graphomane ne privatise tous les secteurs d’activité, il était temps de se positionner sur le marché de l’emploi : c’est ce que fait judicieusement Ingrid Glowacki, qui vient de sortir La Notaire (Albin Michel).
Ingrid Glowacki ? Derrière ce nom d’origine polonaise et une frange à la Victoire de Castellane se cache une Française de 52 ans qui, après une carrière dans le notariat, avait publié chez Gallimard La Poète aux mains noires, un roman consacré à la céramiste Marie Talbot. Elle se réinvente complètement avec ce thriller psychologique qui devrait être le premier tome d’une série à suspense mettant en scène comme héroïne récurrente une certaine Anna Pomatelli, notaire bipolaire venant mettre son grain de sel dans les guerres de succession, elle qui connaît tous les secrets de famille… Du titre à l’intrigue en passant par la couverture, tout rappelle l’esthétique de McFadden – l’ensemble devrait aussi plaire aux nostalgiques de Mary Higgins Clark. Précisons enfin qu’Ingrid Glowacki est à la ville l’épouse de Jean-Christophe Rufin, qui s’y connaît en best-sellers depuis Rouge Brésil (prix Goncourt 2001). Rendez-vous dans quelques semaines pour voir si Glowacki aura réussi à faire de l’ombre à McFadden en librairie.
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