Liban : ce que l’on sait de l’image d’un soldat israélien s’attaquant à la masse à une statue du Christ

La photographie du saccage d’une croix dans le sud du pays, diffusée dimanche, suscite un tollé au Liban et au-delà. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, qui s’est dit «stupéfait» et «attristé», a annoncé qu’une enquête pénale était ouverte.

L’histoire commence dimanche 19 avril en fin d’après-midi, avec une photo mise en ligne sur X par le journaliste palestinien Younis Tirawi. Diffusé vers 16 heures (heure locale), le cliché montre un homme en uniforme militaire levant une masse contre une statue de Jésus crucifié déjà décrochée de sa croix, dans le sud du Liban. En quelques heures, la photo – qui a désormais dépassé les 9 millions de vues – circule massivement en ligne et suscite un tollé.

Dans la foulée, le porte-parole de Tsahal, Nadav Shoshani, indique dimanche qu’une vérification est en cours, tandis que plusieurs médias relaient déjà la scène comme ayant été photographiée dans un village chrétien proche de la frontière. Peu à peu, le lieu se précise. Des médias arabes situent la scène à Debl, dans le caza de Bint Jbeil. La municipalité confirme à l’AFP que la statue se trouve bien dans ce village, mais sans être en mesure de dire immédiatement si elle a été endommagée, faute d’accès à la zone. Contacté par L’Orient-Le Jour, le président de la municipalité, Aql Naddaf, résume cette impossibilité : «Nous ne pouvons pas confirmer ce qui s’est passé, car il nous est impossible d’accéder à la zone où se trouve la croix en raison de la présence de l’armée israélienne. Nous sommes en train de vérifier cela.» Le quotidien francophone libanais rappelle aussi que lors de l’offensive israélienne de l’automne 2024 au Liban-Sud, d’autres dégradations de symboles religieux avaient déjà été documentées, notamment la profanation d’un monastère à Deir Mimas (Marjeyoun) et d’une statue de saint Georges à Yaroun (Bint Jbeil).


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Une scène localisée dans un village du sud du Liban

C’est dans la nuit de dimanche à lundi que l’armée israélienne finit par reconnaître, peu après minuit sur X, qu’«à l’issue d’un premier examen», il a été établi que la photographie montre bien «un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban». Elle ajoute que «des mesures appropriées seront prises à l’encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l’enquête», et dit traiter l’affaire avec «la plus grande sévérité». L’identité du soldat n’a pas été rendue publique.

L’armée dit en outre vouloir «aider la communauté à remettre la statue en place» et affirme n’avoir «aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux». Dans la foulée, les réactions politiques suivent. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, condamne lundi une «dégradation (…) grave et honteuse», salue l’ouverture d’une enquête, assure que des sanctions devront être prises, juge l’incident «en totale contradiction avec nos valeurs» et présente des excuses «à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés».

Quelques heures plus tard, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, dit sur X avoir été, comme «l’écrasante majorité des Israéliens», «stupéfait et attristé» d’apprendre qu’un soldat de Tsahal avait endommagé «une icône religieuse catholique dans le sud du Liban». Il condamne l’acte «avec la plus grande fermeté», affirme qu’une «enquête pénale» est en cours et assure que des mesures disciplinaires «sévères» seront prises contre son auteur. Il souligne par ailleurs que «toutes les religions prospèrent» en Israël et que le pays «respecte la liberté de culte pour tous», ajoutant que la population chrétienne y «prospère», « contrairement à ce qui se passe ailleurs au Moyen-Orient». «Nous exprimons nos regrets pour cet incident et pour toute blessure qu’il a pu causer aux croyants au Liban et dans le monde», ajoute-t-il. Un point reste toutefois incertain : la date exacte de la scène, que l’enquête en cours devra précisément établir. Si une photo de la même statue prise en 2021 à Debl permet de confirmer le lieu, il n’est en revanche pas possible, à ce stade, de déterminer quand l’incident s’est produit.

Liban: Israël confirme que le soldat photographié frappant une statue de Jésus est israélien

Le saccage de cette statue du Christ intervient dans un contexte toujours instable dans le sud du Liban. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur vendredi, l’armée israélienne reste déployée dans plusieurs zones et a appelé lundi les civils à ne pas regagner des dizaines de villages. Des frappes sporadiques et des démolitions de bâtiments se poursuivent, selon l’agence officielle libanaise ANI.

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