Fed : Trump prêt à « virer » Jerome Powell s’il reste après son mandat de président

Le président américain a déclaré ce mercredi qu’il devrait « virer » Jerome Powell s’il ne quitte pas la Fed après son mandat de président. Mais celui-ci peut rester comme simple gouverneur tant que durera une procédure judiciaire à son encontre.

Donald Trump pourrait « virer » le patron de la banque centrale des États-Unis (Fed) Jerome Powell si celui-ci ne quitte pas l’institution après son mandat de président, qui doit s’achever le mois prochain, a-t-il déclaré dans une interview diffusée ce mercredi 15 avril.

Jerome Powell a indiqué qu’il comptait rester à la Fed – ce qu’il peut faire en tant que simple gouverneur – tant que durerait une procédure judiciaire à son encontre, lancée par une procureure proche du président républicain.

« Eh bien alors je devrai le virer. (…) S’il ne part pas à temps (…) j’ai voulu le virer mais je déteste faire polémique », a dit Donald Trump à Fox Business.

Trump favorable à des baisses des taux d’intérêt

Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a tenté d’accélérer le départ de Jerome Powell et d’évincer une autre responsable de la Fed. Il espère placer à la banque centrale des personnalités convaincues, comme lui, que les taux d’intérêt devraient être plus bas et que les craintes concernant le niveau de l’inflation sont exagérées.

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Le milliardaire républicain a mis en cause la compétence mais aussi la probité de Jerome Powell en jugeant suspect le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington. Une procureure dont il est proche, Jeanine Pirro, l’a pris au mot et a initié une procédure judiciaire pouvant aboutir à des poursuites pénales.

Jerome Powell lui-même a révélé l’existence de cette procédure en janvier. Et le chef de l’État ne semble pas prêt à intercéder pour qu’elle soit abandonnée.

Les démocrates freinent la nomination de Kevin Warsh

Mais cela a créé un imbroglio lié aux relations extrêmement tendues entre l’exécutif et l’institution monétaire. Cela freine la validation, par le Sénat, de la personne qu’il a choisie pour succéder à Powell, Kevin Warsh. Une commission du Sénat doit auditionner Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la banque centrale (2006-2011), mardi prochain.

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Sans surprise, les démocrates freinent des quatre fers. L’une des responsables de la commission, la démocrate Elizabeth Warren, a protesté mardi, estimant qu’il « ne devrait y avoir ni audition ni vote au Sénat concernant la nomination de Kevin Warsh tant que le président continue de tenter de prendre le contrôle de la Fed ».

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Selon elle, Donald Trump « cherche désespérément à dissimuler ses échecs économiques, et ce serait une erreur de la part du Sénat de confirmer la nomination d’une marionnette de Trump ». Or, tant que Kevin Warsh n’est pas confirmé, Jerome Powell peut rester président.

Des élus républicains refusent également de donner leur feu vert

Cette procédure a été mal accueillie jusque dans le propre camp de Donald Trump, des élus y voyant une attaque injustifiée contre l’indépendance de l’institution monétaire. L’un de ces élus est le sénateur Thom Tillis, membre de la commission devant auditionner Kevin Warsh.

Il refuse de valider la nomination tant que cette procédure n’est définitivement classée (un juge l’a annulée mais Jeanine Pirro voulait faire appel). Et la majorité présidentielle est trop ténue au Sénat pour passer outre son opposition.

« Nous voulons Kevin Warsh en place dès que possible », a déclaré dans la matinée le secrétaire au Trésor Scott Bessent, en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington. « Je pense que le sénateur Tillis (…) est quelqu’un de raisonnable », a-t-il ajouté, en soulignant n’avoir aucune autorité concernant la procédure judiciaire.

Bessent maintient que la Fed doit baisser ses taux

L’audition de Kevin Warsh ne sera pas suivie immédiatement d’un vote, a expliqué sur la chaîne Fox Business le président de la commission sénatoriale, le républicain Tim Scott.

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Il pense que le ministère de la Justice aura bouclé la procédure visant Jerome Powell « dans les prochaines semaines » et que « Thom Tillis votera en faveur de Kevin Warsh ». En attendant, a décrit Tim Scott, « on abordera la situation économique » avec Kevin Warsh, « on parlera de stabilité des prix et d’inflation. On parlera de l’indépendance de la Fed ».

Devant les journalistes, Scott Bessent a par ailleurs dit « comprendre » que la banque centrale attende de voir comment la guerre au Moyen-Orient affecte l’inflation aux États-Unis, avant de bouger ses taux. « Je maintiens que les taux devraient être abaissés », a-t-il toutefois précisé.

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