“Je suis en train de gagner la guerre, ET DE LOIN, tout se passe très bien, nos forces armées ont été formidables et, si vous lisez les fausses nouvelles, comme celles du New York Times en déclin, de l’absolument horrible et répugnant Wall Street Journal, ou du Washington Post, désormais presque disparu, heureusement, vous pourriez en effet croire que nous sommes en train de perdre la guerre. […] mais cela n’arrivera pas, car c’est moi qui suis aux commandes !” Il faut du temps pour lire l’intégralité des messages rédigés quotidiennement par Donald Trump sur son réseau Social Truth. Car le 47e président des Etats-Unis est prolixe : jusqu’à 160 messages le 1er décembre.
Et à l’instar de ces lignes publiées le 20 avril, il faut faire le tri entre la réalité alternative, les insultes, et sa volonté permanente de domination. Il est comme ça, Trump. On peut le traiter de vulgaire, de brutal, de narcissique ou même de cinglé : il ne changera pas.
Comme l’a dit le Premier ministre canadien Mark Carney à Davos, en janvier, “nous sommes en pleine rupture”. De style, bien sûr. D’époque, surtout, avec une diplomatie internationale finissante, Trump ayant troqué le principe de confiance pour le rapport de force à tout prix. Avec lui, les crises internationales se succèdent à un rythme effréné. Droits de douane, Groenland, Venezuela, Iran… Il s’affiche comme un homme de paix et envoie ses missiles et porte-avions au Moyen-Orient. Il proclame l’Amérique d’abord, mais dépêche ses soldats au Venezuela, convoite le Groenland et cible Cuba. Il soutient Viktor Orban en Hongrie, mais celui-ci battu, assure que le nouveau Premier ministre, Péter Magyar, fera “du bon travail”. Il tacle le pape, se prend pour le Christ ou se moque d’Emmanuel Macron. A le voir s’agiter dans tous les sens, on le dit imprévisible. “Mais c’est une tactique de négociation, explique Jonathan Guiffard, expert associé à l’Institut Montaigne. Il n’est pas imprévisible dans le sens où ses axes géopolitiques sont faciles à analyser.”
Souvent, relève ce chercheur, on retrouve l’origine de ses actions dans ses promesses de campagne, ses discours, ou même dans le consensus bipartisan – par exemple sur la Chine – voire dans la machine administrative américaine. Mais sur la forme, le Trump 2 est un homme beaucoup plus pressé que le Trump 1. Une vitesse enclenchée par un président presque octogénaire, qui ne dispose que de deux années utiles pour accomplir des choses. Il a écarté les “adultes dans la pièce”, qui pouvaient encore le modérer durant son premier mandat.
Face à lui, les dirigeants européens apparaissent tétanisés. Certains, à l’instar de Mark Carney, de la Mexicaine Claudia Sheinbaum ou du Chinois Xi Jinping ont compris que la seule posture possible est la fermeté. Il est temps de cesser de “vivre dans le mensonge”, comme le rappelait Mark Carney, en acceptant “la fin d’une fiction agréable” et “le début d’une réalité brutale”.

Leave a Reply