Débusquer la fraude au travail dissimulé : sur le terrain, la délicate mission des agents de l’Urssaf

La Tribune a pu suivre pendant une matinée une opération de contrôles inopinés menée par des inspecteurs de l’Urssaf dont l’objectif est de traquer la fraude au travail dissimulé.

« Je suis venu pour rendre service et je me retrouve incriminé comme si j’étais un repris de justice ! » La tension est subitement montée d’un cran entre le petit groupe d’inspecteurs de l’Urssaf, chargés de la lutte contre le travail dissimulé (LCTI), et l’homme derrière le comptoir d’un magasin de jeux vidéo, situé dans l’Est parisien. Son contrat de travail a officiellement pris fin le 31 mars. Mais il explique être venu, ce jeudi 2 avril, donner un « coup de main » à son ancien patron dont la boutique doit être vidée.

À première vue, la situation paraît douteuse. Elle pourrait cacher une fraude aux prélèvements sociaux via du travail dissimulé. Pour tenter de comprendre, l’inspecteur qui mène le contrôle joint le gérant par téléphone. Quelques minutes plus tard, le voilà qui arrive sur place. Il plaide l’erreur. « C’est ma faute », reconnaît-il. « Même si c’est pour vous aider, imaginez qu’il lui arrive quelque chose », lui rétorque une inspectrice. Toute personne qui travaille pour une entreprise, même quelques heures, doit être déclarée. C’est la règle.

Face au gérant, les inspecteurs font preuve de pédagogie. « Si je veux faire une déclaration d’embauche pour qu’il puisse rester jusqu’à la fin de la semaine, comment ça se passe ? », leur demande-t-il, tout en promettant d’appeler son comptable sur-le-champ. « Si vous faites la déclaration, il n’y aura pas de souci », lui répond-on. L’ambiance se détend. « Je vérifierai au bureau que la démarche a bien été effectuée », glisse l’un des agents en sortant du magasin.

Les magasins de jeux vidéo et de téléphonie contrôlés

En ce début avril, La Tribune a pu suivre, durant une matinée, une opération de contrôles inopinés menée par l’Urssaf, au sein de la capitale, contre la fraude aux prélèvements sociaux via le travail dissimulé. Les agents — dont l’anonymat doit être préservé — ont ciblé, ce jour-là, des magasins de jeux vidéo et de téléphonie mobile. L’année précédente, la même opération s’était concentrée sur les barbiers et les centres d’esthétique.

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