Sourire jusqu’aux oreilles, ce 12 avril, le Premier ministre polonais Donald Tusk n’a pas tardé à décrocher son téléphone pour féliciter le grand vainqueur des législatives hongroises. “Péter, je suis si heureux !”, s’exclamait-il quelques heures après le verdict, tout en saluant “le retour de la Hongrie dans l’Europe” sur ses réseaux sociaux. Seize ans plus tard, le modèle illibéral façonné par Viktor Orban, ouvertement en rupture avec l’Union européenne, connaît son crépuscule. Le triomphe inespéré de Péter Magyar ouvre un nouveau chapitre sur les rives du Danube.
Du côté de Varsovie, où l’on a suivi l’élection plus attentivement que nulle part ailleurs, cette issue est une bénédiction pour le gouvernement pro-européen de Donald Tusk. Fin 2023, lui-même est revenu au pouvoir après des années d’opposition à un gouvernement souverainiste qui avait rogné sur l’Etat de droit, remodelé la télévision publique et exaspéré Bruxelles. Mais au-delà des frontières, les centristes s’étaient heurtés à l’impossible coopération avec Orbán, bien décidé à entraver le soutien à l’Ukraine et à rester dans le giron de Moscou. “La coopération bilatérale était au plus bas depuis 1989”, résume Andrzej Sadecki, responsable du pôle Europe centrale au Centre d’études orientales.
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