La plus grande expérience jamais menée sur l’IA en entreprise a été publiée l’an dernier par Microsoft Research et Harvard. Pendant six mois, 7 137 cadres de 56 grandes firmes ont été évalués. Certains équipés de l’IA Copilot, d’autres de leurs outils habituels. Les premiers ont économisé 3,6 heures par semaine sur leurs e-mails, soit 31 %. Leur présence en réunion n’a pas varié d’une minute. Leur production mesurée non plus. Le gain de temps s’est évaporé dans la dilatation des autres tâches.
Ce résultat n’est pas une anomalie. Aux États-Unis, 50 % des adultes utilisaient l’intelligence artificielle en 2025 mais la hausse de la productivité au travail est restée bloquée à 2,1 %, exactement sa moyenne depuis 1947. L’erreur serait de croire que l’IA ne fonctionne pas. Les gains individuels sont réels, de 30 % à 40 % sur des tâches isolées, confirmés par des dizaines d’expériences. Mais ces gains ne traversent pas l’entreprise. Ils butent sur quatre verrous qui ferment, ensemble, la plasticité organisationnelle, autrement dit la capacité d’une organisation à se réagencer à la suite de l’introduction d’une nouvelle technologie.
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