C’est une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose les Etats-Unis à l’Iran. Dimanche 19 avril, l’armée américaine a déclaré avoir ouvert le feu sur un cargo iranien se dirigeant vers le port de Bandar Abbas, mettant ses moteurs hors service. Des Marines américains ont ensuite été hélitreuillés sur le navire, afin de vérifier ce qu’il y avait à bord. Le navire “a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris”, a écrit dans la foulée Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social.
En retour, le commandement de l’armée iranienne a prévenu que l’Iran répondrait sous peu à l’acte de “piraterie” effectué par les Etats-Unis. “Nous prévenons que les forces armées de la République islamique d’Iran vont bientôt répondre et effectuer des représailles contre cette piraterie armée” a déclaré un porte-parole de l’armée iranienne, cité par la presse officielle, qui précise que le navire visé par l’armée américaine, le Touska, arrivait en provenance de Chine. Téhéran avait déjà décidé au cours du week-end de refermer la circulation dans le détroit d’Ormuz, dont elle avait annoncé l’ouverture complète vendredi dernier.
La paix compromise
Dans ce contexte, les efforts visant à instaurer une paix plus durable dans la région semblent compromis. D’autant plus que l’Iran a déclaré qu’il ne participerait pas à un second cycle de négociations que les États-Unis espèrent lancer avant l’expiration du cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi, Téhéran dénonçant les “exigences excessives de Washington, ses attentes irréalistes, ses changements constants de position, ses contradictions répétées et le blocus naval en cours”, que la République islamique considère comme “une violation du cessez-le-feu”.
“On ne peut pas restreindre les exportations de pétrole iranien tout en exigeant une sécurité totale pour les autres”, a écrit le premier vice-président iranien, Mohammad-Reza Aref, sur les réseaux sociaux. “Le choix est clair : soit un marché pétrolier libre pour tous, soit le risque de coûts importants pour chacun”, a-t-il poursuivi, alors qu’une délégation américaine, composée du vice-président américain J.D. Vance, ainsi que de l’émissaire et du gendre de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, est attendue ce lundi soir à Islamabad, au Pakistan.
Donald Trump se dit “optimiste”
Disant vouloir soumettre aux négociateurs iraniens un “accord très raisonnable”, Donald Trump a de nouveau menacé dimanche de détruire toutes les centrales électriques et tous les ponts iraniens en l’absence de négociations. Mais lors d’une brève conversation téléphonique avec Axios le même jour, le dirigeant américain a tout de même exprimé son “optimisme” quant aux pourparlers. “Je suis confiant à ce sujet. Le principe de l’accord est bouclé. Je pense que nous avons de très bonnes chances de le finaliser.”
La délégation iranienne, elle, pourrait reprendre in extremis le chemin d’Islamabad, car Téhéran, par le passé, a déjà menacé à la dernière minute de ne pas prendre part aux négociations – avant de finalement y participer. Pour Al-Jazeera, l’Iran craint surtout que les nouveaux pourparlers “n’aboutissent pas à l’accord qu’il espère obtenir”. Les autorités du pays redoutent en effet un accord “qui serait suivi de plusieurs mois de négociations, sans que les sanctions ne soient levées ni que les fonds gelés ne soient débloqués” – deux demandes récurrentes de Téhéran. Mais l’Iran craint aussi une “tromperie” des Américains. À Téhéran, on n’a pas oublié “ce qui s’était passé lors des deux précédents cycles de négociations, qui s’étaient soldés par un conflit israélien, puis israélo-américain”, rappelle la chaîne qatarie. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a de fait redit ce lundi que la “méfiance envers l’ennemi” et la vigilance dans les relations avec lui demeuraient une “nécessité incontestable”.
Avec ces derniers rebondissements, les prix du pétrole ont bondi de plus de 5 % et les marchés boursiers ont fluctué, les investisseurs craignant un effondrement du cessez-le-feu et un maintien du trafic maritime dans le Golfe à un niveau minimal.

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