Le maire de Perpignan, Louis Aliot (Rassemblement national), a été élu, samedi 18 avril, président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole, la plus importante dirigée désormais par le parti d’extrême droite. Il a été élu dès le premier tour, avec une forte majorité de 60 voix sur 79 exprimées.
« Je n’ai pas l’ambition de constituer un exécutif partisan, encore moins d’instaurer l’hégémonie de Perpignan. Mon objectif est d’instaurer une gouvernance partagée autour de la ville centre », avait assuré M. Aliot lors de son discours précédant le vote.
« Le but de ma démarche, c’est de remettre Perpignan à la place qu’elle doit occuper (…) celle de la locomotive qui accompagne et entraîne le développement du territoire », a-t-il aussi déclaré. « La représentativité des communes sera donc respectée dans les instances et organes décisionnels de notre intercommunalité », a ajouté le maire de Perpignan.
Sa seule adversaire, la maire (PCF) de Cabestany Edith Pugnet a plaidé pour une intercommunalité qui « agit efficacement » dans plusieurs domaines (voirie, propreté, logement, politique de la ville, eau, mobilités, développement économique et aménagement du territoire ou agriculture), si possible avec « du service public et de l’humain ».
Cinq EPCI gouvernés par le RN
Le président sortant de Perpignan Méditerranée Métropole Robert Vila, ancien des Républicans, ne s’est pas représenté à cette élection, constatant « peu de désaccords » entre ses soutiens et ceux de M. Aliot, engagés selon lui, « pour l’intérêt général ».
En 2020, tout juste élu maire de Perpignan, M. Aliot avait échoué à rassembler suffisamment d’élus et M. Vila, maire LR de Saint-Estève, avait été élu président de la communauté urbaine.
Cette fois, lors des dernières municipales, le maire de Perpignan a pris soin de ménager ses futurs alliés potentiels. Conformément à son principe de « ne pas embêter un maire de droite qui fait bien son travail et qui ne vilipende pas le RN à longueur de journée », il n’y a pas eu de candidat RN à Saint-Estève chez M. Vila, ni dans la station balnéaire de Canet-en-Roussillon, face au maire Stéphane Loda, ancien secrétaire départemental LR.
Le RN, qui n’avait jamais dirigé d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) avant 2026, en gouverne désormais cinq, un mois après les dernières municipales.
