Travailler plus pour gagner moins… C’est un peu le sentiment des professionnels de santé intervenants à domicile. Les tarifs des actes médicaux, paramédicaux et médico-sociaux étant règlementés par la loi, ces professionnels subissent la hausse du prix des carburants (+ 34 % depuis fin février sur le gasoil) sans aucune possibilité de répercussion du montant de leurs gestes.
« Il n’est plus rentable d’effectuer certains actes. Le changement d’un pansement nous est payé 6,30 euros bruts, auxquels s’ajoute un forfait de 2,75 euros par déplacement. Pour les professionnels, notamment ceux intervenant en milieu rural, ce n’est pas tenable sur la durée. Pensez que je roule à titre professionnel 30 000 kilomètres par an », s’inquiète Janis Francazal, infirmière libérale à Moissac (Tarn-et-Garonne).
Elle demande désormais, à l’instar des syndicats infirmiers, à ce que sa profession bénéficie, comme les taxis, d’un remboursement partiel sur les droits d’accise sur les énergies (ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).
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600 millions de km par an
Le cri d’alarme est le même chez les prestataires de santé à domicile (PSAD). Peu connue, cette profession emploie quelque 33 000 salariés, chargés d’installer des lits médicaux au domicile de patients âgés ou au sortir d’hospitalisation, de remplacer des bouteilles d’oxygène pour les patients en insuffisance respiratoire, ou de veiller à l’observance de traitement chez le million et demi de patients atteints d’apnée du sommeil.
« Nos 2 350 entreprises parcourent 600 millions de kilomètres par an, notamment dans des déserts médicaux. Nous avons chiffré le surcoût des carburants à 500 000 euros par mois », détaille Nicolas Balmelle, vice-président de l’Union des prestataires de santé à domicile indépendants (UPSADI).
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