La maison de luxe a perdu 8 % en Bourse ce mercredi. Si les spécialistes s’inquiètent du futur de l’industrie du luxe, ils restent toujours confiants sur la résilience d’Hermès.
24 milliards d’euros partis en fumée. Voilà ce que les actionnaires d’Hermès ont constaté en se levant ce mercredi et en voyant la société chuter de plus de 10 % en Bourse.
Et pour cause, selon Loris Dalleau, analyste chez Bourseko. La maison derrière le sac Birkin a réalisé « l’une des pires publications du groupe depuis la crise sanitaire.» Alors que le consensus de Bloomberg s’attendait à 4,15 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier trimestre, Hermès n’a généré « que » 4,1 milliards d’euros sur la période.
« Les estimations étaient un peu trop hautes et les investisseurs ont été surpris », analyse Emeric Blond, gérant actions chez Tailor AM.
C’est évidemment la guerre au Moyen-Orient qui a plombé les comptes d’Hermès. Alors que l’activité s’affichait à deux chiffres dans la zone en janvier et février, elle s’est effondrée de 40 % en mars, selon le directeur général finances, Eric du Halgouët. Surtout, la guerre a aussi sabré les revenus du tourisme en Europe, et donc… dans les boutiques de la marque.
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Pour ne rien arranger, la hausse soudaine du dollar a fait perdre 290 millions d’euros à Hermès en diminuant la rentabilité de la vente de ses produits en billets verts.
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Mais après le choc initial, « on se rappelle que c’est une valeur solide sur le long terme », ajoute Emeric Blond qui confie même que « l’on revient sur des niveaux achetables. » Après avoir entamé la journée à -13 %, le titre a finalement clôturé en baisse de 8 % à 1639 euros.
Après des résultats du premier trimestre inférieurs aux attentes, les investisseurs ont massivement vendu les actions de Kering et Hermès ce mercredi.
Coup de massue sur le monde du luxe. Alors que l’espoir de rebond du secteur commençait à se faire sentir ces derniers mois, c’est la douche froide ce mercredi matin. À l’ouverture de la Bourse de Paris, l’action de Kering plongeait de 9,5 % à 25,4 euros quand celle d’Hermès a perdu 13,4 % à 1 543 euros. LVMH a, lui, vu son cours baisser de près de 2 %.
Ces chutes font suite à la publication des résultats du premier trimestre. Hermès a notamment dévoilé ce matin avant Bourse un chiffre d’affaires consolidé de 4,1 milliards d’euros sur la période, en hausse de 6 % à taux de change constants. Une déception pour les actionnaires puisque le consensus « Bloomberg » tablait sur des revenus de 4,15 milliards d’euros avec une croissance interne de 7,44 %.
De son côté, Kering a aussi douché les espoirs des investisseurs hier soir après Bourse. Le groupe dirigé par Luca de Meo a affiché un chiffre d’affaires de 3 568 millions d’euros, en recul de 6 %. « Le redressement prendra beaucoup plus de temps et demandera bien plus d’efforts que ne l’espèrent les optimistes », estiment les analystes de JP Morgan. « Il s’agit probablement d’un nouvel exemple de prévisions trop optimistes, susceptibles d’entraîner une déception », estiment les experts de Bernstein.
Gucci toujours malade
Les ventes de Kering, qui détient également des marques telles que Balenciaga, Bottega Veneta et Yves Saint Laurent, sont ressorties à 3,57 milliards d’euros, stables sur un an à taux de change constants, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 5,8 %.
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Mais Gucci, qui représente la moitié des revenus du groupe, a affiché une nouvelle baisse de 8 % au premier trimestre. « Même si nous constatons une amélioration par rapport au trimestre précédent, il est encore trop tôt pour affirmer que Gucci a franchi un cap », juge dans une note Jelena Sokolova, analyste chez Morningstar. Les analystes de Bernstein estiment, eux, que Gucci parviendra difficilement à «atteindre ses objectifs de croissance» en 2026.
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Les États-Unis et le Moyen-Orient, les deux moteurs du luxe
En termes de zones géographiques, « l’Amérique du Nord a été la seule région à afficher des résultats positifs, grâce à une composition de ventes favorable, orientée vers le haut de gamme, et à une clientèle haut de gamme plus résistante, toutes les marques ayant apporté une contribution positive », souligne néanmoins JP Morgan, la performance de Kering dans la région faisant écho à celle de ses concurrents LVMH et Hermès.
« Nous estimons que les ventes de Kering et du secteur du luxe en Amérique du Nord pourraient rebondir, compte tenu d’une base de comparaison plus favorable sur ce marché (après trois années difficiles) et de la bonne santé des marchés financiers », selon Jelena Sokolova.
Concernant Hermès, c’est en grande partie la guerre au Moyen-Orient qui a plombé les performances du groupe. « On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d’arrêt puisque notre activité s’est trouvée en recul de 40% », « principalement aux Émirats arabes unis », a détaillé le directeur général finances, Eric du Halgouët. Le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent 4 % des ventes du groupe. Sauf que, l’année dernière, le Moyen-Orient a été la région ayant connu la plus forte croissance pour Hermès.