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  • Présidentielle 2027 : une année pour clarifier et dire la vérité aux Français. L’édito de Bruno Jeudy

    Présidentielle 2027 : une année pour clarifier et dire la vérité aux Français. L’édito de Bruno Jeudy

    Il est des semaines qui sonnent comme des fins de règne. Celle-ci en a le goût. Un Premier ministre englué à l’Assemblée nationale, avançant à pas comptés au risque de s’enliser davantage. Un président cantonné à l’international pour continuer d’exister. Le quinquennat se poursuit mais l’élan est rompu, comme si le temps politique avait déjà basculé ailleurs.

    Dans ce vide au sommet, un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche met les pieds dans le plat : quel président les Français veulent-ils vraiment ? La réponse claque : 53 % n’en voient aucun. Plus d’un Français sur deux reste à distance d’une offre politique pourtant omniprésente, saturée de livres, de meetings et de scénographies. C’est un trou noir. C’est aussi une chance pour qui saura l’habiter.

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    Car les attentes, elles, sont limpides. L’honnêteté domine, écrasante (76 %). Dire la vérité, même quand elle dérange. Surtout quand elle dérange. Vient ensuite la proximité (55 %), cette capacité à parler avec les Français et non au-dessus d’eux. Puis le courage (48 %) et la détermination (46 %). Quatre mots comme un programme, ou plutôt comme un acte d’accusation contre des années de prudence calculée et d’ambiguïtés. L’âge idéal continue de baisser : 47 ans. La France vieillit, mais elle veut croire à une énergie neuve au sommet.

    Pendant ce temps, la scène se met en place. Gabriel Attal et Bruno Le Maire publient des livres. Geste rituel de ceux qui veulent exister dans le débat sans encore s’y jeter. Bruno Retailleau consulte ses militants avec la méthode du bâtisseur patient. François Hollande se prépare avec la tranquillité des hommes qui n’ont plus rien à perdre. 

    Jean-Luc Mélenchon appuie bruyamment sur l’accélérateur, comme si la vitesse était à elle seule un programme. Édouard Philippe, lui, a franchi le mur de la réélection au Havre et peut afficher l’autorité tranquille du maire qui gagne. Au RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella tentent le grand écart : elle en déjeunant avec des patrons, lui en présentant sa fiancée dans une mise en scène qui en dit long sur les efforts de normalisation consentis.

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    Himalayesques dans les sondages mais emmurés dans leur isolement politique, ils cherchent la sortie du ghetto sans renier ce qui les y a installés. Mais au-delà de ce ballet, une réalité s’impose. Les priorités des Français sont connues : pouvoir d’achat, sécurité, santé. Des attentes différentes selon les électorats, mais une même exigence : du concret. Du palpable. Du résultat.

    Or, en 2027, ce réel sera rugueux. Il faudra poser des choix. Réviser certains acquis de l’État providence ? Probablement. Prolonger l’effort sur les retraites ? Sans doute. Affronter l’impact de l’IA sur le travail ? Inévitable. Regarder en face le défi démographique ? Indispensable.

    L’année qui s’ouvre n’a rien d’une précampagne ordinaire. C’est une année de vérité. Pour ceux qui prétendent gouverner, sommés de dire enfin ce qu’ils feront. Et pour les Français, appelés à choisir en connaissance de cause. Cette fois, vraiment.

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  • Croissance en berne, déficit hors de contrôle : le budget français face à une «  année perdue », selon Société Générale CIB

    Croissance en berne, déficit hors de contrôle : le budget français face à une «  année perdue », selon Société Générale CIB

    Entre croissance révisée à la baisse et renoncements stratégiques sur la réforme des retraites, Société Générale CIB décrit une France engluée dans une « année perdue ». L’équilibre précaire entre survie politique et orthodoxie budgétaire semble avoir définitivement rompu.

    L’adoption du budget 2026 en février dernier aurait pu être perçue comme un signe de stabilité. Pourtant, les économistes de Société Générale CIB y voient les germes d’un affaiblissement structurel. Pour éviter une motion de censure fatale, Matignon a dû céder une pièce maîtresse de sa stratégie budgétaire : le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, issu de la réforme de 2023, est gelé jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.

    Cette concession au Parti socialiste assure la survie du cabinet Lecornu, mais au prix d’un renoncement comptable lourd de conséquences. Pour Fabien Bossy, économiste chez Société Générale CIB, cette décision est « la plus lourde de conséquences de 2025 ». Si l’impact immédiat sur les caisses de l’État reste contenu, l’accumulation des coûts à long terme fragilise la crédibilité de la France. Plus encore, ce gel rend quasi impossible l’émergence d’un programme fondé sur la rigueur budgétaire pour le scrutin de 2027.

    Croissance : la douche froide des 0,9 %

    Parallèlement à cette impasse politique, les fondamentaux macroéconomiques se dégradent. Le gouvernement français a été contraint, ce mardi, d’ajuster ses ambitions. La prévision de croissance pour 2026 a été ramenée de 1 % à 0,9 %. Ce ralentissement est directement imputable à l’envolée des prix de l’énergie, conséquence des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.

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    Ce pessimisme est partagé par la Société Générale, qui anticipe une « croissance décevante ». Le diagnostic est sévère : la France reste à la traîne de la zone euro. L’absorption de la hausse des prix du pétrole par l’économie nationale sature les capacités de relance et « anéantit les espoirs d’une accélération de la demande intérieure privée ». Sans ce moteur de consommation, le gouvernement perd son principal levier de recettes fiscales automatiques.

    Le mirage des 5 % de déficit

    Dans ce contexte de croissance atone et de dépenses figées, l’objectif gouvernemental de ramener le déficit public à 5 % du PIB semble, selon les analystes, hors de portée. Là où l’exécutif affiche son volontarisme, Société Générale CIB oppose une réalité statistique plus sombre : une prévision de déficit à 5,3 % pour 2026, après un exercice 2025 déjà décevant à 5,1 %.

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    L’analyse de Société Générale CIB met en lumière un paradoxe qui pourrait s’avérer fatal pour la signature française sur les marchés internationaux. En choisissant la survie parlementaire immédiate par le gel de la réforme des retraites, l’exécutif a transformé une crise politique en une vulnérabilité financière pérenne. La dérive des comptes n’est plus seulement le fruit d’une conjoncture défavorable, mais le résultat d’un arbitrage délibéré où le temps électoral a pris le pas sur le temps économique.

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