Phagos, des virus sur mesure pour terrasser la résistance aux antibiotiques

Vous prendrez bien un cocktail de phages pour votre staphylocoque ? Dans les laboratoires de la startup Phagos, à Suresnes, on cultive ces petites bêtes (plus exactement ces virus) mangeuses de bactéries et donc capables de guérir des infections. Pour le moment, ces virus servent à soigner des animaux d’élevage. Un contrat avec un grand acteur devrait être prochainement annoncé. L’objectif de Phagos, lauréate du prix Santé de Tech For Future 2026 (organisé par La Tribune et BFM Business) est d’en faire aussi profiter les humains d’ici à 2030.

La recherche s’intéresse aux phages depuis des années. Car ils s’avèrent être une alternative pertinente aux antibiotiques. Selon l’OMS, il est urgent de ralentir la consommation de ces derniers, compte tenu de la forte progression de l’antibiorésistance (plus de 40 % entre 2018 et 2023). La jeune pousse française lancée en 2021 a apporté à la phagiothérapie une avancée importante : la possibilité de prédire si un phage peut correspondre à une bactérie donnée.

De quoi personnaliser le traitement. « Les autres entreprises sur le marché proposent des cocktails de phages génériques qui vont fonctionner sur un large spectre. Le problème c’est qu’elles reproduisent la même méthode que pour les antibiotiques, ce qui risque à force de créer de nouvelles résistances », explique Anne-Valérie Bach, directrice au sein du fonds  Capagro, qui a participé à la dernière levée de fonds de Phagos (25 millions d’euros en octobre 2025). « Par ailleurs, les maladies évoluent dans le temps. et les médicaments ont besoin d’être eux aussi évolutifs », précise Alexandros Pantalis, CEO et co-fondateur de l’entreprise aux côtés d’Adèle James, chercheuse en biologie. 

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *