En 1968, Beate Klarsfeld a marqué l’Histoire en assénant une gifle retentissante au chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Kurt Georg Kiesinger, en plein congrès de la CDU à Berlin Ouest. La militante franco-allemande de 29 ans entendait dénoncer l’hypocrisie de la RFA qui, insoucieuse du passé, autorisait d’anciens membres du parti nazi à accéder aux plus hautes fonctions après la Seconde Guerre mondiale.
Depuis ce scandale, les Allemands ont appris à prendre leur histoire à bras-le-corps. Ils ont même pour cela un mot de 25 lettres : la Vergangenheitsbewältigung, l’action de se confronter avec les chapitres les plus sombres du XXe siècle, à commencer par la Shoah. Mais entre la compréhension de l’histoire nationale et les récits familiaux individuels, il peut y avoir un gouffre. C’est ce fossé que les Archives nationales des Etats-Unis ont contribué à combler en mettant en ligne sur leur site web, il y a un mois, des millions de fiches individuelles de membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP, selon l’acronyme allemand), le parti qu’Adolf Hitler a fondé en 1920 et avec lequel il a pris le pouvoir en 1933 à Berlin.
.

Leave a Reply