ONU, Qatar, Chine… Le ton monte contre le blocus américain du détroit d’Ormuz

Le chef de l’agence maritime de l’ONU a déclaré ce lundi qu’aucun pays n’avait légalement le droit de bloquer la navigation dans le détroit d’Ormuz, paralysée par la guerre entre les États-Unis et l’Iran, après l’entrée en vigueur du blocus de Donald Trump.

Le ton monte après l’annonce du blocus de Trump dans le détroit d’Ormuz, officiellement entré en vigueur ce lundi. Le chef de l’agence maritime de l’ONU a déclaré qu’aucun pays n’avait légalement le droit de bloquer la navigation dans cette route commerciale.

« Conformément au droit international, aucun pays n’a le droit d’interdire le droit de passage inoffensif ou la liberté de navigation dans les détroits internationaux utilisés pour le transit international », a déclaré le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, lors d’une conférence de presse.

Le détroit d’Ormuz, déjà quasi paralysé par Téhéran, est doublement bloqué après que les États-Unis ont annoncé débuter lundi un blocus des ports iraniens situés dans le détroit et ses environs, dont les forces iraniennes contrôlent l’accès depuis que la guerre a éclaté avec les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février.

Les réactions internationales se multiplient

Le Qatar a appelé à ne pas utiliser les voies maritimes comme un moyen de « marchander », après l’annonce américaine. Lors d’un appel avec son homologue iranien Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a « insisté sur la nécessité d’ouvrir les voies maritimes, de garantir la liberté de navigation et de s’abstenir de les utiliser comme des moyens de pression ou pour marchander ».

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Le chef de la diplomatie, également Premier ministre, a appelé « toutes les parties à répondre positivement aux efforts actuels de médiation », d’après un communiqué de son bureau.

La Chine, qui dépend largement de l’Iran pour son approvisionnement pétrolier, a pour sa part appelé au rétablissement d’une navigation « sans entraves » dans ce passage stratégique pour le commerce mondial. La Turquie a aussi réclamé sa réouverture « au plus vite ». Si le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a apporté sans surprise son soutien au blocus américain, Londres a déclaré ne pas le soutenir, Madrid estimant qu’il n’a « aucun sens ».

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Le président français, Emmanuel Macron, a lui annoncé l’organisation prochaine avec le Royaume-Uni d’une « conférence avec les pays prêts à contribuer » à une mission « pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation » dans le détroit une fois « que la situation le permettra », soit sans lien direct avec l’initiative américaine.

L’ONU minimise la portée du blocage américain

Le secrétaire général de l’OMI a toutefois minimisé la portée du blocage américain sur le trafic maritime international car au vu « du très petit nombre de navires qui ont réussi à transiter, un blocus supplémentaire ne va pas aggraver la situation de manière très perceptible ».

Depuis le début de la guerre, le trafic via ce couloir particulièrement stratégique, où transite habituellement près de 20 % de la production de pétrole mondiale et du gaz naturel liquéfié, a déjà été réduit d’environ 90 %, selon la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence. Les passages subsistants seraient principalement liés à l’Iran.

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« C’est la désescalade qui va nous permettre de commencer à faire face à la crise et de ramener le transport maritime à son fonctionnement habituel », estime Arsenio Dominguez.

Il a par ailleurs rappelé qu’un péage pour traverser le détroit d’Ormuz était « contraire au droit international de la mer ainsi qu’au droit coutumier », déclarant que les États « ne devraient absolument pas s’engager dans cette voie, car cela créerait un précédent très dangereux ».

Plusieurs navires auraient payé deux millions de dollars à l’Iran pour passer du Golfe au golfe d’Oman via Ormuz, avait rapporté Lloyd’s List Intelligence précédemment.

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