Neil Zeghidour (Gradium) : « Je gère les talents en IA comme des footballeurs »

Neil Zeghidour, directeur général de Gradium, nouvelle arrivée sur la place parisienne de l’IA, entend monter une « équipe d’élites » pour développer des modèles vocaux capables de rivaliser avec les géants américains. Lors de Tech For Future, il s’est exprimé sur la concurrence impitoyable du marché des chercheurs en IA, la croissance exponentielle de l’IA vocale et la nécessité pour l’Europe d’entraîner des modèles d’IA localement.

LA TRIBUNE – Vous avez levé 60 millions d’euros en décembre. Où en est l’entreprise depuis cette levée ?

Neil Zeghidour – L’idée de cette levée de 60 millions d’euros, qui est assez conséquente, était de se donner les moyens de devenir un compétiteur crédible face aux géants du marché de la voix comme Google ou OpenAI. Nous avons lancé l’activité en septembre et généré nos premiers revenus dès la mi-octobre, ce qui est probablement un record mondial pour une entreprise qui entraîne ses propres modèles d’IA depuis zéro. Aujourd’hui, après environ sept mois d’existence, nous avons de nombreux clients. Nos technologies sont utilisées pour faire parler les modèles de langage, dans des cas d’usage variés : support client téléphonique, apprentissage des langues, jeux vidéo, médias… Nous sommes dans une phase de l’IA très intense, avec une forte compétition et les cartes rebattues en permanence. Notre objectif est clairement de devenir un leader mondial de la voix.

Pourquoi avoir créé une spin-off plutôt que de rester dans Quti ? On pense au modèle d’OpenAI, passé du non lucratif au lucratif. Est-ce comparable ?

Kyutai est un laboratoire à but non lucratif créé en 2023 avec le soutien financier de Xavier Niel, Rodolphe Saadé (propriétaire de La Tribune) et Eric Schmidt. À l’origine, mes cofondateurs et moi, tous Français et issus de grandes entreprises de la tech comme Google DeepMind, Meta et Apple, voulions recréer un environnement de recherche propice à l’innovation libre : peu de contraintes, la liberté d’explorer et d’échouer, de faire de gros paris scientifiques. Cela nécessitait un laboratoire à but non lucratif, car une startup doit tout de suite être dans des logiques de rentabilité, de contraintes. 

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