Livres : Jennifer Lesieur et Jessica L. Nelson, deux manières de retourner en 1944

On n’entrera pas ici dans les polémiques entourant Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, à qui certains reprochent des erreurs factuelles et une empathie excessive envers Jean Luchaire. Plutôt que de démêler le vrai du faux dans les mondanités collaborationnistes où trempait Luchaire, conseillons deux livres qui nous éloignent de Paris.

Biographe reconnue (elle a écrit sur Jack London, Mishima, Alexandra David-Néel, Bruce Chatwin, Rose Valland ou le couple Stevenson), Jennifer Lesieur a choisi cette fois-ci Lee Miller comme modèle. On sait que, née aux Etats-Unis en 1907, Lee Miller fut d’abord mannequin. C’est auprès de Man Ray, son amant et pygmalion surréaliste à tendances sadomasochistes, que la jeune femme découvre sa vocation de photographe – ensemble, ils inventent la technique de la solarisation. Lee Miller roule sa bosse, se marie avec l’homme d’affaires Aziz Eloui Bey, qu’elle trompe vite avec Roland Penrose. On la retrouve en 1940 à Londres, où elle travaille pour Vogue. En plein Blitz, elle parvient à donner une touche poétique à ses photos d’immeubles détruits et de masques à gaz. C’est à partir de là que le livre de Jennifer Lesieur, Les Chambres noires de Lee Miller, ajuste la mise au point : accréditée par l’US Army comme correspondante de guerre, vêtue en GI, l’aventureuse reporter parcourt les théâtres d’opérations, son Rolleiflex et son Leica en bandoulière.

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