Seize siècles les séparent, mais un même itinéraire les relie symboliquement. Lorsque Saint-Augustin quitte Rome pour regagner Hippone, dans l’actuelle Algérie, il ne s’agit pas seulement d’un retour géographique : c’est le choix d’un enracinement spirituel dans une province africaine encore profondément romaine, où il déploiera son œuvre majeure. Ce mouvement de Rome vers l’Afrique du Nord, fondateur pour la pensée chrétienne occidentale, trouve aujourd’hui un écho dans le voyage du pape Léon XIV, lui-même augustinien. Du 13 au 15 avril, le souverain pontife devient en effet le premier chef de l’Eglise catholique à se rendre en Algérie, sur les traces du théologien dont il se réclame. Entre Alger et Hippone – aujourd’hui appelée Annaba – en passant par les hauts lieux de mémoire nationale et religieuse, son déplacement entend faire d’Augustin une figure de dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte où les enjeux diplomatiques, mémoriels et religieux demeurent particulièrement sensibles.
Coauteur d’Augustin avec nous (Fayard) et prieur à l’abbaye de Lagrasse, le père Michel revient sur l’identité complexe de ce saint à la fois africain et romain, et sur la manière dont son héritage est aujourd’hui réinvesti, en Algérie comme au Vatican, pour penser l’unité, la vérité et le dialogue entre les cultures.
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