Décidément, le Racing club de Lens ne lâchera rien. Après un début de match désastreux au cours duquel il a encaissé deux buts, le club nordiste est parvenu à renverser le Toulouse football club (TFC), vendredi 17 avril, au stade Bollaert, en ouverture de la 30e journée de Ligue 1 pour finalement s’imposer 3-2, et conforter son rêve de Ligue des champions, tout en maintenant une certaine pression sur le leader du championnat.
Certes, le Paris Saint-Germain (PSG) compte encore un point d’avance sur son surprenant dauphin lensois, avec deux matchs de retard à disputer (contre Lyon dimanche soir, puis Nantes, mercredi). Mais les deux clubs doivent encore s’affronter le 13 mai dans le Nord – un match reporté par la Ligue de football professionnel pour faciliter le parcours européen du PSG – et qui sait si, d’ici-là, les Lensois n’auront pas encore une petite carte à jouer pour le titre de champion de France ?
En attendant, les Sang et Or ont écrit une page de plus dans le conte de fée qu’est leur saison 2025-2026. Non seulement le club du bassin minier reprend un bon bol d’air devant la meute de prétendants à l’Europe qui les poursuit – Lille, Marseille, Lyon, Rennes et Monaco pointent à présent entre 9 et 13 points derrière –, mais il s’offre en plus un avantage psychologique sur son adversaire du soir qu’il retrouvera mardi au même endroit, en demi-finale de la Coupe de France, l’autre grand objectif de sa fin de saison.
Thauvin et Edouard sur le banc au coup d’envoi
En assénant un coup au moral des Toulousains (10e), les Lensois ont aussi soigné le leur, deux semaines après la rouste reçue dans le derby du Nord à Lille (0-3). Dans la foulée, leur entraîneur, Pierre Sage, avait pointé du doigt l’attitude de certains joueurs face aux médias et dans le vestiaire, laissant apparaître de premières fissures dans le bloc lensois, si solide depuis le début de la saison.
Le technicien a choisi, vendredi, de faire débuter Florian Thauvin et Odsonne Edouard sur le banc au coup d’envoi, justifiant ces choix-là par la « fatigue » du premier et le manque « d’entraînement et de rythme » du second après le match.
Au niveau de l’implication, les doutes ont été balayés au vu de la prestation du soir et surtout de son résultat. Car Lens s’est d’abord compliqué la tâche en manquant complètement son entame. C’est d’abord Robin Risser qui a offert un but au TFC en laissant échapper une frappe pourtant assez anodine de Cristian Casseres (0-1, 6e). Par la suite, la défense artésienne a une nouvelle fois failli quand Seny Koumbassa a marqué de la tête (0-2, 13e) en profitant de deux interventions hasardeuses de Malang Sarr et Arthur Masuaku.
Ce dernier était d’ailleurs un choix fort et attendu de Pierre Sage dans le onze de départ. Placé à gauche de la défense centrale à trois, il a permis à Malang Sarr de se replacer dans l’axe et Ismaëlo Ganiou à droite, poussant sur le banc Nidal Celik, qui a montré ses limites récemment.
Dans l’ensemble, la recrue hivernale a montré de belles choses, notamment dans la passe ou la frappe, certes dans un contexte beaucoup plus favorable grâce à l’exclusion du Toulousain Yann Gboho, coupable d’une semelle haute sur Adrien Thomasson (17e). L’ailier manquera donc la demi-finale de mardi, et le TFC devra faire sans l’un de ses meilleurs éléments offensifs (dix buts, deux passes décisives en championnat).
Quarante-deux tirs : un record
Ce fait de jeu a fait basculer le match dans une nouvelle dynamique : jusqu’au coup de sifflet final, les joueurs de Pierre Sage ont fait le siège de la défense toulousaine, faisant grimper les statistiques jusqu’à des niveaux rarement atteints. Lens a ainsi tenté 42 frappes (13 cadrés) selon Opta, soit le plus haut total depuis que le statisticien analyse la compétition (2006-2007), tenant le ballon 78 % du temps et obtenant 14 corners.
Ces chiffres en disent autant sur la domination lensoise que sur leur maladresse, mais les joueurs du Racing ont finalement réussi à renverser le match, d’abord en réduisant l’écart par Saud Abdulhamid (1-2, 61e) puis en égalisant grâce à Adrien Thomasson (2-2, 67e).
Alors que les Sang et Or se dirigeaient vers un match nul frustrant, un sauveur a surgi : Ismaëlo Ganiou, de la tête, pour offrir aux siens l’un des succès les plus importants de l’année (3-2, 90 + 1).
« C’est ce genre de choses qui font à un moment donné qu’il y a des histoires qui s’écrivent autour d’un groupe, d’un club, d’une saison et je pense qu’aujourd’hui on est en mesure d’écrire de belles lignes », a apprécié Pierre Sage qui s’est dit « satisfait » de la réaction de ses joueurs.
