“Europa, Europa, Europa”, criaient, ivres de joie, les partisans de Péter Magyar, dimanche 12 avril, en apprenant la victoire de leur chef, après seize ans de règne de Viktor Orban. Un succès éclatant, encore plus ample qu’annoncé, symbole d’espoir pour un peuple qui n’en pouvait plus de la corruption généralisée instituée par un système mis en place sous le Premier ministre sortant. Succès salué dans la plupart des capitales européennes, de Paris à Berlin, en passant par Bruxelles, Kiev ou Londres. L’heure est à l’euphorie, et on peut le comprendre.
Il y a une autre raison de se réjouir de ce vote sans appel. Car dans cette époque clivante, dans laquelle les démocraties représentatives sont durement mises à l’épreuve, l’élection hongroise fixe un nouveau point de repère. Non, il n’est pas vrai que les citoyens européens soient devenus des électeurs sous influence, manipulables à souhait. Il n’est pas vrai non plus que les mêmes, lassés des promesses non tenues par leurs gouvernements au pouvoir, se soient détournés des urnes : la mobilisation record en Hongrie prouve l’inverse. Comme il n’est pas vrai que cette jeunesse hongroise – et par extension européenne – soit complètement dégoûtée de la vie démocratique, au point d’en refuser les codes et les usages.
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