Ivresse, crises de colère et comportement erratique : aux États-Unis, les dérives du directeur du FBI inquiètent

Certains collègues de Kash Patel, le très contesté directeur de la police fédérale, craignent que son comportement «ne devienne une menace pour la sécurité publique».

Crises de nerfs nombreuses, réunions reportées pour cause d’ivresse manifeste, comportement explosif et imprévisible, décisions hâtives et irresponsables… Aux États-Unis, le directeur du FBI Kash Patel est dans la tourmente après les révélations du média américain The Atlantist , dans une enquête publiée le 17 avril. Qui relate, en s’appuyant sur de nombreuses sources anonymes, l’attitude erratique du patron de la prestigieuse agence de renseignement, qui en a pris les manettes au début de l’année 2025.

Considéré comme un allié de poids au sein de l’administration Trump, fidèle du président américain, le directeur du FBI avait auparavant été responsable de la sécurité nationale sous le premier mandat du chef de l’État. Sa première année à la tête du principal service fédéral de police judiciaire et de renseignement intérieur a été émaillée de nombreuses controverses concernant sa gestion de l’organisation. Les fréquents états d’ivresse de Kash Patel rapportés par le média américain ne devraient pas arranger les rumeurs de son possible renvoi, qui courent depuis le début du mois.


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«Patel était injoignable»

Dans le détail, l’enquête journalistique rapporte les propos de plusieurs sources bien placées à la Maison-Blanche, qui s’inquiètent de la «consommation d’alcool de Patel», bien connue «au sein du gouvernement». Selon ces dernières, Patel «était connu pour boire jusqu’à l’ivresse manifeste, notamment au club privé Ned’s à Washington, en présence de membres de la Maison Blanche et d’autres membres de l’administration.» Son équipe aurait également eu du mal à réveiller le directeur de l’agence qui emploie près de 38.000 personnes, car l’intéressé était saoul. «Une demande de matériel d’effraction – généralement utilisé par les équipes d’intervention et de libération d’otages pour pénétrer rapidement dans les bâtiments – a [même] été formulée l’année dernière, car Patel était injoignable derrière des portes verrouillées», ont encore rapporté plusieurs responsables à The Atlantist. 

Le journal rapporte notamment un épisode emblématique des explosions de colère fréquentes du directeur du FBI, qui, convaincu d’être placé sur la sellette par Donald Trump, s’imagine être limogé quasiment tous les jours. Alors qu’il s’apprêtait à quitter son bureau le 10 avril dernier, Patel aurait eu des difficultés à se connecter au service informatique. «Convaincu d’être bloqué, il a paniqué et a appelé frénétiquement ses collaborateurs et alliés pour leur annoncer qu’il avait été limogé par la Maison-Blanche, selon neuf personnes au fait de ses démarches. Deux d’entre elles ont qualifié son comportement de “crise de nerfs”», écrit le journal, alors même que l’anomalie était finalement simplement liée à une erreur technique.

«Certains collègues de Patel au FBI craignent que son comportement personnel ne devienne une menace pour la sécurité publique», s’alarment des responsables. Ces derniers redoutent les «conséquences d’une éventuelle attaque terroriste sur le sol américain pendant le mandat de Patel, et que leurs craintes s’étaient considérablement accrues depuis le lancement par Trump de sa campagne militaire contre l’Iran», s’inquiétant de son manque de compétences.

Contacté par The Atlantist, Kash Patel a réfuté avec vigueur les accusations portées contre lui. «Tout est faux, je vous verrai au tribunal — apportez votre chéquier», a ainsi répondu le FBI, dans une déclaration attribuée à Patel.

Très controversé

Le patron de la police fédérale américaine a été dans la tourmente à plusieurs reprises. En juillet dernier, le ministère de la Justice et le FBI avaient annoncé n’avoir découvert aucun élément nouveau qui justifierait la publication de documents supplémentaires sur Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel mort en prison en 2019, provoquant une vive rancœur chez ceux qui espéraient des révélations fracassantes.


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Kash Patel avait également comparu devant la commission judiciaire du Sénat puis à la Chambre des représentants après l’assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk en septembre 2025, à la suite duquel il avait claironné sur X que l’auteur présumé du «meurtre atroce» était en détention, brûlant la politesse aux autorités locales, avant que ce suspect ne soit finalement mis hors de cause et relâché. L’autorité de Kash Patel avait également été ébranlée par une plainte au civil, dans laquelle trois anciens dirigeants du FBI limogés en août l’accusaient d’avoir «politisé» l’agence pour complaire à ses supérieurs, dont Donald Trump.

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