La Chine et la Russie ont affirmé leur proximité ce mercredi face à la guerre au Moyen-Orient, et Moscou a offert à Pékin de « compenser » le déficit de ressources énergétiques qu’elle subirait à cause du conflit.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, actuellement à Pékin pour deux jours, a aussi confirmé une visite en Chine du président russe Vladimir Poutine au cours du premier semestre 2026.
La Chine et la Russie, pays voisins et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont d’étroites relations diplomatiques et économiques. Ils sont des partenaires de l’Iran et des rivaux des États-Unis.
La Russie propose ses services
Pékin suit de près le conflit au Moyen-Orient, qui impacte ses approvisionnements en pétrole. L’Iran envoyait au géant asiatique plus de 80 % de ses exportations de brut avant la guerre, selon la société d’analyse Kpler.
Par ailleurs, plus de la moitié des importations chinoises de pétrole transporté par voie maritime provenait de la région, d’après Kpler, une entreprise qui cartographie les flux de pétrole dans le monde. Or le trafic maritime est fortement perturbé en raison du conflit et le nouveau blocus des ports iraniens lancé par les États-Unis, que Pékin a jugé ce mardi « dangereux et irresponsable », n’arrange rien.
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« La Russie peut sans aucun doute compenser le déficit de ressources qui est apparu, aussi bien pour la République populaire de Chine, que pour tous les pays désireux de travailler avec nous d’une manière équitable et mutuellement bénéfique », a donc répondu sur le sujet Sergueï Lavrov, cité par les agences de presse russe.
La Chine parvient pour l’heure à amortir le choc énergétique grâce à ses stocks et à la diversification de ses approvisionnements, selon des analystes. Mais la donne pourrait changer si le conflit dure.
Intérêts divergents
Ja Ian Chong, professeur à l’Université Nationale de Singapour, estime auprès de l’AFP que Chine et Russie souhaitent en ce moment « probablement explorer les possibilités de dialogue avec l’Iran sans aggraver la situation ». Mais leurs intérêts économiques peuvent diverger, selon lui.
« La flambée des prix de l’énergie et la levée temporaire (par les États-Unis) des sanctions sur le pétrole et le gaz russes profitent à l’économie et à l’appareil militaire russes, alimentant ainsi son agression en Ukraine », note aussi cet expert. Mais côté chinois, cette hausse des cours, « conjuguée aux perturbations des approvisionnements en engrais, en hélium et en aluminium, pèse sur l’économie », observe-t-il.
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À noter : un rôle important a été attribué à la diplomatie chinoise dans le cessez-le-feu actuel entre l’Iran et les États-Unis. Mais la Chine n’a offert pour l’heure qu’un soutien mesuré à l’Iran, ne souhaitant pas s’aliéner les pays du Golfe, avec lesquels elle a fortement renforcé ses relations durant la décennie écoulée.

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