Finances publiques : réunion sous tension du comité d’alerte à Bercy mardi

Le gouvernement réunit mardi le comité d’alerte des finances publiques dans un contexte d’incertitude économique accrue, marqué par les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur l’énergie. Objectif affiché : anticiper tout dérapage budgétaire et ajuster rapidement la trajectoire des comptes publics.

Le budget français sous pression : à Bercy, l’heure est déjà aux arbitrages. Autour du ministre de l’Économie Roland Lescure, plusieurs membres du gouvernement et représentants économiques examineront mardi l’état des finances, alors que la guerre au Moyen-Orient pèse déjà sur les équilibres. « L’objectif est d’identifier suffisamment tôt d’éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement », a-t-il expliqué.

La réunion intervient après deux exercices budgétaires marqués par des dérives du déficit, malgré une légère amélioration en 2025, où celui-ci a été ramené à 5,1 % du PIB. L’exécutif entend désormais maintenir le cap : 5 % en 2026, puis un retour sous les 3 % d’ici 2029, conformément aux exigences européennes.

Mais le contexte s’est durci. La crise au Moyen-Orient, notamment les tensions autour du détroit d’Ormuz, renchérit les coûts énergétiques et alourdit mécaniquement la charge de la dette. Bercy estime déjà l’impact à près de 4 milliards d’euros.

Conséquence directe : des prévisions économiques revues. La croissance attendue pour 2026 est abaissée à 0,9 %, tandis que l’inflation est relevée à 1,9 %.

Des économies à venir

Dans ce contexte, le comité d’alerte pourrait déboucher sur des mesures concrètes. Selon plusieurs sources, des annulations de crédits de l’ordre de 4 milliards d’euros sont envisagées, dans la ligne de la doctrine défendue par le ministre des Comptes publics David Amiel : toute dépense nouvelle liée à la crise devra être compensée à l’euro près.

Le gouvernement a déjà engagé 130 millions d’euros pour soutenir les secteurs touchés par la hausse des prix de l’énergie, avec de nouvelles aides attendues en mai, annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

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Du côté des parlementaires, l’attente est forte. Le député Philippe Juvin (LR), rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, évoque trois priorités : des économies immédiates, une clarification du niveau réel du déficit et des perspectives crédibles.

Même exigence de transparence pour Éric Coquerel, qui redoute un dérapage budgétaire lié à la crise énergétique et n’exclut pas le recours à une loi de finances rectificative.

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