Entre manque de kérosène et frilosité des voyageurs, l’aérien dans un nouveau « cercle vicieux »

Les compagnies aériennes craignent que la hausse des prix des billets d’avion et la menace d’une pénurie de kérosène n’instillent la méfiance chez les voyageurs. Les risques d’annulations de vol dans les prochains mois en raison du manque de carburant sont bien réels.

Cet été, va-t-il falloir se rabattre sur le Périgord en lieu et place d’un séjour en Thaïlande ? Au vu du blocage persistant du détroit d’Ormuz, malgré le cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran, la possibilité de voyager en avion en toute quiétude ces prochains mois semble de plus en plus compromise. D’abord parce que la possibilité d’une pénurie de kérosène se précise, mais aussi en raison d’un risque de défiance croissante de la part des voyageurs. Les compagnies aériennes naviguent à vue et ne craignent rien tant qu’une chute de la demande alors que la saison estivale se profile.

« On commence à entrer de nouveau dans le cercle vicieux que nous avions connu pendant le Covid, alerte Paul Chiambaretto, économiste à la Montpellier Business School (MBS) et spécialiste du transport aérien. Tout le monde est attentiste, aussi bien les passagers que les compagnies aériennes. D’un côté les passagers réservent leurs billets de plus en plus tard, ne sachant pas si leurs vols seront maintenus, et de l’autre côté des compagnies aériennes sont enclines à annuler des vols en raison du trop faible remplissage des cabines. »

 Rétablir la confiance avec les passagers

Depuis fin février, les compagnies aériennes subissent de plein fouet une forte hausse du prix du kérosène en raison du conflit en Iran, de l’ordre de 120 %, d’après les dernières données de l’Association du transport aérien international (IATA). Des niveaux qui plombent la rentabilité des opérateurs, le carburant représentant en temps normal environ 30 % des coûts d’exploitation des compagnies.

Et alors que le golfe Persique représente la moitié des importations de kérosène en Europe, l’absence de reprise véritable du trafic maritime menace l’approvisionnement des aéroports. « Il s’agit d’une crise majeure, d’un véritable choc pétrolier », avait affirmé il y a quelques jours à la Tribune Pascal de Izaguirre, le président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM). À peine remis de la crise Covid et de ses effets dévastateurs, le transport aérien fait-il face à un nouvel épisode susceptible de saper durement sa croissance ?

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