« Je retiens sa simplicité et sa retenue »
Nous avons tourné trois films ensemble. Elle m’a appris à toujours considérer les autres. J’étais inconnu au bataillon en 1980, sur le film de Bertrand Tavernier, Une semaine de vacances. Je venais des puces de Saint-Ouen, elle du Conservatoire, mais elle m’a accueilli avec tellement d’amitié. Elle était de ces gens qui vous apprennent à faire votre travail. Je retiens sa simplicité et sa retenue. Elle ne voulait pas être plus connue que connue. Elle adorait rire.
On s’est retrouvé pour le film de Pierre Granier-Deferre Une étrange affaire, on jouait un couple mal en point. Puis il y a eu Le Prix à payer d’Alexandra Leclère, avec Christian Clavier, on s’est régalé. J’ai tourné avec sa fille Laura, que j’aime beaucoup, c’était un lien entre nous. J’ai revu Nathalie il y a un an environ, dans les loges du concert de David Hallyday. Elle semblait fatiguée, ça m’a troublé. J’ai appris sa disparition avec du chagrin. On a partagé des moments formidables qui semblent être passés comme un coup de vent…
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Je connaissais Nathalie comme femme, une merveilleuse amie, attentive et généreuse, plus que comme actrice. J’admirais et j’aimais l’actrice autant que la femme. Sa voix, son sourire, son humour et son côté petit soldat. Elle avait une grande humanité, qui se dégageait toujours dans l’interprétation de ses rôles, ce qui la rendait très populaire. À chaque fois que nous nous rencontrions, Nathalie me disait : « Vous êtes un réalisateur pour moi », et je lui répondais : « Vous êtes une actrice pour moi ». Pourtant nous n’avons pas eu le temps de tourner un film ensemble, le temps est passé trop vite et c’est un grand regret.

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