Territoires « zéro gaz » : après l’effet d’annonce, Matignon cherche le mode d’emploi

L’objectif de supprimer le gaz dans 100 territoires d’ici à 2030, annoncé par Sébastien Lecornu, a pris la filière de court. Pour l’heure, le gouvernement ne donne aucune précision. Or, la mesure soulève d’épineuses questions sur le financement et l’accompagnement des derniers usagers raccordés.

L’annonce a surpris la filière. Vendredi 10 avril, lors de la présentation du premier volet de son « plan d’électrification », Sébastien Lecornu a évoqué une mesure forte : la sélection prochaine de 100 territoires « zéro gaz », qui seront accompagnés par l’État pour supprimer cette source d’énergie d’ici à 2030.

Une semaine plus tard, pourtant, le flou domine. Interrogés, les poids lourds du secteur – de l’entreprise de distribution GRDF à France Gaz, en passant par la Fedene, la FNCCR, Coenove et Gaz et Territoires – affirment n’avoir fait l’objet d’aucune concertation, et ne pas disposer d’information sur la mise en œuvre du dispositif. De son côté, l’exécutif botte en touche : son « déploiement » sera « précisé prochainement », commente Matignon. « Ce n’est pas encore tout à fait arbitré », glisse-t-on à Bercy.

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« Tailler les branches »

Selon plusieurs sources, une idée se dessine néanmoins : déraccorder certaines portions du réseau de gaz pour « défossiliser » l’énergie utilisée localement dans les bâtiments et l’industrie.

« Comme dans le ferroviaire, l’objectif est de déconnecter les points les plus éloignés, dont l’entretien coûte le plus cher. Dit autrement, tailler dans le buisson de GRDF en commençant par les branches », analyse un ex-conseiller ministériel à l’énergie.

Et pour cause, la consommation de cette molécule diminue sur le territoire français, tandis que les charges d’entretien des canalisations restent fixes. Ce qui fait mécaniquement grimper les factures des clients restants. « Dans ce contexte, plusieurs communes se demandent comment gérer la fin du gaz. Notamment lorsqu’il est remplacé par un réseau de chaleur », souligne Nicolas Deloge, directeur des réseaux à la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

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