Alors que les espoirs de voir le conflit iranien prendre rapidement fin se fragilisent, à chaque prise de parole du président américain, les plasturgistes français tentent de garder le cap. Avec une hausse d’environ 50% des prix entre février et mars, la filière, déjà fragilisée par la pandémie, le conflit russo-ukrainien et la concurrence asiatique, s’essouffle sérieusement.
À tel point que la filiale française du leader mondial suisse des emballages plastiques, UTZ France, installée dans la Plaine de l’Ain, a annoncé en début de semaine arrêter sa production pour une semaine afin de ne pas produire à perte.
Dans l’Ain, et au cœur de la Plastics Vallée, l’inquiétude grandit de même que la crainte de voir certaines sociétés disparaître.
Une hausse violente et des pratiques critiquables
Après la pandémie et le conflit en Ukraine, dont l’augmentation des prix du gaz avait déjà conduit à une hausse des prix, cette nouvelle crise se différencie par sa violence.
« C’est une crise assez exceptionnelle, qui s’est déroulée très vite. Habituellement, il y a toujours des petites latences de quelques semaines. Là, les tarifs ont pris 40% du jour au lendemain », retrace Bibiane Barbaza, responsable performance économique du syndicat majoritaire des industriels de la plasturgie, Polyvia.
En touchant directement le cours du naphta et les pétrochimistes, également gros consommateurs gaziers, la crise n’épargne ainsi aucun matériau. Un constat partagé par Simon-Pierre Auvachey, directeur général de Buathier, injecteur-assembleur implanté dans la Plastic Vallée, qui qualifie cette « hausse de complètement folle » dans un contexte déjà difficile.
Pour certains acteurs, les prix proposés feraient même l’objet de pratiques critiquables. « Nous avons des adhérents dont les fournisseurs annoncent une hausse des prix de 600 euros/ tonne et leur indiquent que l’offre est valable 24 h », explique Bibiane Barbaza. Pour se faire, certains industriels évoquent « la force majeure ». « Nous estimons que certaines pratiques peuvent être qualifiées de déloyales, mais il est compliqué de retoquer un major de la pétrochimie lorsque vous êtes une PME », concède Bibiane Barbaza.

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