Électricité : Enedis et RTE multiplient les infrastructures pour raviver l’électrification

Les gestionnaires des réseaux de distribution et de transport d’électricité ont inauguré en Gironde un poste-source pour accélérer l’électrification des activités. Les deux entreprises publiques portent des niveaux d’investissements colossaux, malgré une consommation qui stagne.

« La crise au Moyen-Orient ne fait que montrer un peu plus la double nécessité de se détourner des énergies fossiles et de renforcer notre souveraineté énergétique. La filière des industries et réseaux électriques est prête à prendre toute sa place. » La présidente du directoire d’Enedis, Marianne Laigneau, rebondit deux fois sur l’actualité. Entre la guerre en Iran qui fait bondir les prix du pétrole et le plan d’électrification dévoilé la semaine dernière par le Premier ministre, le contexte est propice pour faire valoir l’utilité des réseaux électriques.

En visite sur la commune de Pompignac ce vendredi 17 avril, à quelques kilomètres de Bordeaux, l’entreprise publique a inauguré, avec sa cousine RTE chargée du réseau de transport, un poste-source.

Il représente cinq ans de conception, deux ans de travaux pour 11 millions d’euros d’investissement. L’infrastructure se révèle capitale dans l’acheminement des électrons, permettant de convertir de la haute vers la moyenne tension l’énergie distribuée aux particuliers, collectivités et entreprises clientes.

Ici, sur un hectare défriché, le poste, cerné d’une enceinte en béton, va fournir directement les activités et industries nouvellement installées, dans une zone périurbaine attractive. « Électrifier, c’est l’assurance-vie de l’économie française », clame Vincent Jechoux, directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement en Nouvelle-Aquitaine.

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La consommation électrique plafonne

Les installations du genre, déjà courantes en France avec 2 200 sites propriété d’Enedis, sont amenés à se multiplier. De cinq postes-source mis en service chaque année, le gestionnaire de réseau veut grimper à vingt dès 2028. A partir de là, il devra en raccorder quinze à trente-cinq tous les ans jusqu’en 2040.

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Pour les quinze années à venir, RTE et Enedis mobilisent d’ailleurs à eux deux une enveloppe colossale de 200 milliards d’euros. Du jamais vu.

« Sans réseau robuste, moderne et résilient, la trajectoire d’électrification n’est pas atteignable », prévient Marianne Laigneau. A ce titre, la posture des deux entreprises publiques s’inscrit dans l’anticipation. L’aménagement des infrastructures prend au moins cinq ans et elles doivent donc lancer des chantiers très en amont. Les gestionnaires se retrouvent ainsi tantôt accusés d’être trop lents par les développeurs d’énergies renouvelables, soucieux de raccorder au plus vite leurs nouveaux parcs, tantôt d’arriver trop tôt alors que l’électrification des usages se fait plus timide que prévu. En 2025, la consommation électrique française est retombé au niveau mesuré il y a vingt ans. 

« Ca ne pousse pas aussi vite qu’attendu au départ mais l’objectif devra bien être atteint », relie la dirigeante. Enedis a ainsi engagé 5,7 milliards d’euros d’investissements l’an dernier, un record. Ses calendriers, comme ceux de RTE, sont remplis pour les années à venir. Dans le domaine des réseaux électriques, les entreprises font d’ailleurs face à une montagne d’activité. Les besoins de recrutement sont ainsi évalués à 43 000 personnes d’ici 2030 par la Fédération industrielle des entreprises de réseaux électriques. Un changement d’échelle redoutable et qui influera directement sur le calendrier de la transition énergétique.

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