La défaite de Viktor Orban en Hongrie déstabilise les ultraconservateurs du PiS en Pologne

« Ce que je voudrais, c’est faire Budapest à Varsovie. » Cette phrase, prononcée pour la première fois en 2011, dans la foulée de l’arrivée de Viktor Orban au pouvoir, et répétée depuis comme un mantra par le chef du parti national-conservateur polonais PiS (Droit et justice), Jaroslaw Kaczynski, est restée célèbre, tant elle résumait le programme politique de sa formation sur les bords de la Vistule. Pendant huit années de pouvoir, de 2015 à 2023, son parti s’est méthodiquement efforcé de calquer le modèle illibéral hongrois : d’une politique de redistribution sociale généreuse aux atteintes ostensibles aux principes de l’Etat de droit, objets d’interminables conflits avec Bruxelles, jusqu’à l’oligarchisation et la corruption endémique qui a touché l’appareil d’Etat et l’économie.

« Ce sera Varsovie à Budapest, après tout ! », a ironisé le maire libéral de Varsovie et candidat malheureux à deux reprises à l’élection présidentielle, Rafal Trzaskowski, dans son message de félicitations au nouveau premier ministre hongrois, Péter Magyar. Dès l’annonce des résultats, dimanche 12 avril, les ténors du gouvernement de la Coalition civique (centriste), empêtrés dans une cohabitation à couteaux tirés avec le représentant du PiS, le président Karol Nawrocki, ont multiplié les piques contre leurs adversaires. « Je repose la question : j’aimerais savoir quels intérêts polonais le président Nawrocki a servis en soutenant dans sa campagne le politicien le plus corrompu et le plus pro-Poutine de l’Union européenne », a interrogé, sur le réseau social X, le ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski.

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