Ils ont quatre minutes chrono pour apporter une respiration humoristique. « Yann Barthès ne connaît pas leur texte, il le découvre en même temps que le public, confie Charles Hudon, qui coordonne le pôle humour de Bangumi, producteur de Quotidien. C’est vraiment le moment où il se met dans ses chaussons. » Passage en revue et confidences des petits nouveaux de cette promo 2025-2026. À chacun sa touch.
GuiHome, le « zinzin » de la bande
Son truc à lui ? Inventer des personnages fictifs, et complètement barrés s’il vous plaît. Comme lundi dernier avec « un cow-boy qui revient des États-Unis après avoir retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès », se marre GuiHome, accro à la malle aux déguisements. « Chaque semaine, la production se demande bien ce que je vais commander comme costumes et perruques ! Ça permet de mettre des couleurs dans notre société très grise, en traitant l’actu avec le regard naïf d’un enfant. Je suis un peu le zinzin de l’émission. »
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À 34 ans, ce Belge dispose d’une belle notoriété dans son pays d’origine. « J’ai déjà ma petite carrière là-bas, euphémise l’humoriste. J’ai commencé en 2014 en faisant des vidéos sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je m’occupe d’artistes locaux et j’ai un festival d’humour à Namur, où j’ai également ouvert un restaurant comedy club. » Actuellement en tournée partout en France, son spectacle GuiHome vous détend est produit par un certain Jérémy Ferrari (« Il m’accompagne sur mes envies les plus folles ») et fera escale à l’Olympia en janvier 2027.
Sur le gril de Louis Cattelat
Ne jamais se fier aux apparences. « Ma tête de bibliothécaire et ma voix toute calme contrastent avec mon humour acide, concède Louis Cattelat. On ne voit pas arriver mes blagues, notamment les plus crues. » Son rôle avec les invités de Quotidien ? Leur concocter un roast aux petits oignons. « C’est un terme qui vient des États-Unis, ça signifie les “rôtir”, explique-t-il. Les passer au barbecue en les piquant, mais avec intelligence et jamais gratuitement. Sinon ça serait juste méchant. » Mission pleinement réussie pour l’humoriste de 29 ans qui « envoie du bois avec son air de ne pas y toucher », souligne Charles Hudon.
Adepte de l’humour queer (« Ce n’est qu’une touche dans ma palette », s’empresse-t-il de préciser), le jeune homme à bouclettes a affûté sa plume au fil de ses expériences de scénariste. « C’est ma formation de base, j’ai fait une école de cinéma et travaillé plusieurs années au bureau des auteurs de Canal+. » Actuellement au Théâtre de l’Atelier à Paris avec son spectacle Arecibo – avant une tournée partout en France –, il a vu débarquer de nouveaux profils de spectateurs depuis qu’il est dans Quotidien. « Maintenant, j’ai des familles qui viennent me voir, ça me permet de toucher un autre public. »
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Yann Guillarme, l’anti-Parisien
« Yann, c’est le mâle alpha, hétérosexuel, qui vient dans Quotidien mettre un coup de pied dans la fourmilière », glisse Charles Hudon. Dans ce talk-show considéré par certains comme « woke » et parisien, ses chroniques font mouche, avec un humour populaire et une énergie très brute. « Dans Quotidien, la moustache, ça fait chic ; chez moi, ça fait flic », résume l’humoriste de 45 ans aux lunettes fumées, dont l’univers « bobeauf » régale les téléspectateurs chaque vendredi.
« Quand je suis arrivé à Paris, j’avais ce complexe d’infériorité, explique celui qui a été directeur d’un magasin Grand Frais avant de tout plaquer à 24 ans pour s’inscrire à l’Acting Studio, dans sa région lyonnaise. Si quelque chose est drôle à Toulouse, ça le sera tout autant à Paris. Derrière la tour Eiffel, c’est encore la France. » Après des années de petites scènes et de radio – notamment à Rire et Chansons et Radio Nova –, il joue son spectacle Libre ! à guichets fermés à l’Européen, avant de faire la Cigale le 24 mai. « Je suis le même à la télé que sur scène », glisse-t-il.
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Ana Godefroy, sans filtres
Son allure de « jeune fille propre à lunettes » – dixit Charles Hudon – tranche avec ses punchlines acerbes. C’est en 2020, pendant le Covid, qu’Ana Godefroy s’est lancée sur les réseaux sociaux. Au menu : des parodies de voix off télé avec leur rythmique si agaçante. Mais également son quotidien croqué avec beaucoup d’autodérision. Buzz instantané. « Yann Barthès appréciait mes vidéos et a voulu me faire passer un test. » Sa marque de fabrique ? Tourner en ridicule les messages de ses « haters », qu’elle se fait un plaisir de citer dans sa chronique du mardi.
« Quand t’es une femme, tu prends plus cher sur les réseaux sociaux, notamment sur le physique, confie la chroniqueuse de 28 ans. Quand je lis certains messages, il y a un tel niveau de machisme que j’ai du mal à croire qu’on est en 2026. La dernière fois, il y avait écrit : “C’est la seule femme qui est marrante.” Le gars pensait me faire un compliment, c’est atroce ! » Depuis 2022, elle s’est également convertie au stand-up, avec un spectacle actuellement en tournée en France, avant de débarquer à la Comédie de Paris à la rentrée.

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