Villeroy de Galhau appelle à une « vigilance maximale sur les marchés mondiaux »

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné lundi la nécessité de « maintenir une attention maximale sur les marchés financiers mondiaux » face à la guerre au Moyen-Orient, tout en jugeant la situation « meilleure qu’en 2007 », avant la crise des subprimes.

« Du point de vue de la stabilité financière, notre situation est meilleure qu’en 2007. Ce résultat découle d’un cadre réglementaire bancaire rigoureux. Grâce aux exigences de Bâle III et à la création d’un système de supervision unifié, il n’y a pas de risque de crise bancaire en Europe », a déclaré François Villeroy de Galhau dans une interview au journal italien La Stampa. Le gouverneur siège également au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).

La crise financière de 2007-2008 avait plongé de nombreuses banques au bord de la faillite, conduisant plusieurs pays à adopter des règles plus strictes, connues sous le nom d’accords de « Bâle III ». Ces accords, finalisés en 2017, imposent notamment aux banques d’accroître significativement leurs « exigences en capital » ou « fonds propres ».

Malgré cette stabilité relative en Europe, François Villeroy de Galhau reste prudent. « Nous devons maintenir une attention maximale sur les marchés financiers mondiaux, en observant avec rigueur la dynamique des indices boursiers américains, du crédit privé et du secteur des cryptoactifs », a-t-il averti.

Le gouverneur a également noté une disparité transatlantique : « Les risques systémiques apparaissent plus faibles sur le Vieux Continent qu’aux États-Unis. Nous observons en outre une tendance à la déréglementation de l’autre côté de l’Atlantique, une direction qui serait dangereuse, particulièrement dans le contexte de marché actuel ». Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, avait lui-même alerté jeudi sur le risque que la guerre au Moyen-Orient entraîne un « stress systémique » sur les marchés.

Interrogé sur une éventuelle intervention sur les taux d’intérêt dès avril, François Villeroy de Galhau a jugé « très prématuré » de fixer un calendrier. « Le débat sur des dates prédéterminées paraît très prématuré, et il y a eu ces derniers jours une certaine surinterprétation de la part des marchés financiers », a-t-il précisé. « Nous réaffirmons que nous ne sommes pas sur une trajectoire préétablie », a-t-il ajouté. « Nos décisions restent liées à l’évolution des données macroéconomiques ». Lors de sa précédente réunion, le 19 mars, la BCE avait maintenu son principal taux directeur à 2 %, malgré la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient.

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