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  • François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis à Paris (AP-HP) : « Parler d’andropause, c’est parler de perte de virilité »

    François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis à Paris (AP-HP) : « Parler d’andropause, c’est parler de perte de virilité »

    LA TRIBUNE DIMANCHE – À quel point l’andropause est-elle fréquente ? FRANÇOIS DESGRANDCHAMPS – Pour moi, elle concerne plus de 50 % des hommes de plus de 60 ans. Mais la plupart ne le savent pas, parce qu’on ne la cherche pas. On a longtemps défini l’andropause uniquement par un taux de testostérone bas. Dans ce cas, on disait que c’était rare, autour de 20 % des hommes. Sauf que l’on passait à côté de nombreux patients : certains ont un taux de testostérone dans la norme, mais insuffisant pour eux parce qu’ils vivaient plus jeunes avec des taux beaucoup plus élevés.

    Quels sont les signes qui doivent alerter ?
    Les signes les plus évidents sont sexuels : baisse du désir et érections moins fortes. Mais il existe aussi beaucoup de signes non spécifiques : baisse d’énergie, fatigue, diminution de la force ou de l’endurance, perte de joie de vivre, tristesse, somnolence après le dîner ou baisse du rendement professionnel. Pris isolément, ces signes ne veulent rien dire, mais leur association peut être évocatrice d’un manque de testostérone.

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    Peut-on prévenir l’andropause ?
    Pas vraiment, mais on peut limiter la baisse de testostérone. Deux facteurs sont importants : la perte de poids et l’activité physique. Le gras abdominal transforme une partie de la testostérone en hormones féminines. L’activité physique régulière, elle, augmente la testostérone, à condition qu’elle soit soutenue mais pas excessive.

    Comment expliquer qu’on en parle beaucoup moins que de la ménopause ?
    La ménopause est facile à identifier : il y a un signe évident, l’arrêt des règles, vers 51 ans. Chez l’homme, il n’y a pas ce signal clair : la testostérone baisse progressivement. Les hommes peuvent donc peu à peu perdre leur énergie, s’isoler, tout en attribuant cela à l’âge ou à la retraite. Il y a ce tabou : parler d’andropause, c’est parler de perte de virilité, et les hommes ont du mal à sortir de leur coquille et à en parler. 

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