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    Usage de la force, sanctions… des initiatives tous azimuts pour tenter de libérer le détroit d’Ormuz

    Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a appelé ce jeudi l’ONU à donner son feu vert à l’usage de la force pour libérer le détroit d’Ormuz. Une quarantaine de pays ont appelé à sa « réouverture immédiate et inconditionnelle ».

    La pression monte pour faire rouvrir le détroit d’Ormuz. Les pays du Golfe ont appelé l’ONU, ce jeudi 2 avril, à donner son feu vert à l’usage de la force pour le libérer, avant un vote attendu prochainement du Conseil dans ce dossier.

    Tard jeudi soir, le vote qui avait été annoncé pour vendredi matin a été reporté sine die. Le fait que ce vendredi est le Vendredi saint, jour férié à l’ONU, a été avancé pour ce report, selon des sources diplomatiques, mais ce calendrier était connu lorsque le vote a été programmé.

    « L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains », a dénoncé Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

    « Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale », a-t-il insisté à New York.

    Un projet de résolution porté par Bahreïn

    Ces déclarations interviennent alors que les 15 membres du Conseil discutent depuis dix jours d’un projet de résolution porté par Bahreïn pour autoriser l’usage de la force.

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    Une idée, soutenue par les États-Unis, qui ne fait pas l’unanimité. Après de multiples révisions, la sixième et dernière version du texte, vue par l’AFP jeudi, est le résultat d’un compromis destiné à convaincre en particulier la France, la Russie et la Chine de lever leurs objections. Le président français Emmanuel Macron s’était montré sceptique jeudi matin sur une opération militaire pour « libérer » le détroit, la jugeant « irréaliste ».

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    Mais le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout État ou coalition d’États à utiliser des moyens « défensifs » pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ. Mais il n’est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

    L’Iran met en garde contre toute « action provocatrice »

    « Dans le contexte actuel, autoriser les États membres à utiliser la force reviendrait à légitimer l’utilisation illégale et indiscriminée de la force, ce qui mènerait inévitablement à une nouvelle escalade », a déclaré l’ambassadeur chinois Fu Cong, tandis que la Russie, alliée de longue date de Téhéran, a dénoncé un texte « partial ».

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    Une adoption de la résolution reflèterait à l’inverse « l’unité de la communauté internationale pour faire face aux menaces contre l’une des voies maritimes les plus vitales pour le commerce mondial et la sécurité énergétique », a déclaré Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, qui préside le Conseil de sécurité en avril.

    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lui mis en garde contre toute « action provocatrice ». « M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l’ONU concernant la situation dans le détroit d’Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation », selon un communiqué.

    Une quarantaine de pays menacent l’Iran de sanctions

    Dans le même temps, les représentants d’une quarantaine de pays ont appelé jeudi à la « réouverture immédiate et inconditionnelle » du détroit d’Ormuz, menaçant l’Iran de nouvelles sanctions, selon la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.

    « L’Iran tente de prendre en otage l’économie mondiale dans le détroit d’Ormuz. Il ne doit pas l’emporter. À cette fin, les partenaires ont appelé aujourd’hui à la réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit et au respect des principes fondamentaux de la liberté de navigation et du droit de la mer », a déclaré la ministre dans un communiqué.

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    Les pays ont convenu « d’explorer des mesures économiques et politiques coordonnées, telles que des sanctions, pour faire pression sur l’Iran si le détroit reste fermé », a-t-elle ajouté. Ce blocage est une « menace directe pour la prospérité mondiale », a souligné Mme Cooper.

    Un porte-conteneur CMA CGM a passé le détroit

    Seuls quelques navires – essentiellement iraniens, émiratis, indiens, chinois et saoudiens – continuent de transiter quotidiennement par le détroit.

    Un porte-conteneur appartenant au groupe français de transport maritime CMA CGM (propriétaire de La Tribune) a passé jeudi le détroit d’Ormuz pour sortir du Golfe en affichant via son signal de navigation avoir un « propriétaire français », selon les données de suivi maritime du site MarineTraffic consultées vendredi par l’AFP.

    Il semble s’agir du premier navire d’un grand groupe européen de transport maritime à passer par cette voie cruciale, pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

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