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    Climat : les 20 chantiers urgents du Shift Project pour décarboner la France

    Transports, logement, industrie, énergie ou encore numérique : le centre de réflexion de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici dévoile un nouveau plan pour permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone. Et ce, alors que le pays décélère dans sa décarbonation.

    Un rapport qui ne manquera pas d’interpeller les décideurs économiques. Le centre de réflexion français The Shift Project a publié ce mardi son « Plan robuste pour l’économie française », qui développe vingt « chantiers » grâce auxquels la France peut atteindre une neutralité carbone en 2050.

    « Il y a 20 chantiers incontournables si on veut réussir la décarbonation de la France et il y a un certain nombre de conditions à aligner pour la réussir », a affirmé Clément Caudron, chef de projet « Stratégie de transition robuste » lors de la présentation du rapport à la presse.

    Pour rappel, The Shift Project, créé en 2010 et présidé par l’ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici, est un groupe de réflexion qui produit des études sur « les enjeux clés de la décarbonation » et veut influencer le débat sur les défis climatiques et énergétiques.

    Six secteurs économiques clés

    The Shift Project a identifié des axes de progression dans six secteurs : les transports (déployer massivement le vélo, étendre les transports en commun, relancer le fret ferroviaire…), le logement (rénover les logements et déployer les pompes à chaleur), ou encore le numérique (maîtriser le déploiement de centres de données).

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    Mais aussi : l’industrie (produire de l’acier bas carbone en France, capter, stocker et valoriser le CO₂…), l’énergie (prolonger et relancer le nucléaire, déployer l’éolien et le photovoltaïque…) et enfin l’agriculture (préserver les puits de carbone, transformer les systèmes d’élevage…).

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    Plusieurs scénarios

    Pour chaque chantier, plusieurs scénarios ont été élaborés : réussite haute, intermédiaire ou basse. Par exemple, pour le nucléaire, la version ambitieuse est d’avoir 14 nouveaux EPR2 d’ici à 2050, celle intermédiaire est d’en construire 6 et la version basse est d’en avoir zéro. Si tous les axes de progression atteignent les objectifs ambitieux, la neutralité carbone devient une réalité en France à l’horizon 2050.

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    « On a très peu de marges, on ne peut pas se permettre de faire l’impasse sur tel ou tel chantier… On a pris trop de retard sur la décarbonation, il faut tout accélérer en même temps », selon Nicolas Raillard, responsable de la coordination des projets, qui entend influencer les débats pendant la campagne présidentielle.

    Le succès des différents chantiers de décarbonation « dépend de conditions clés », selon The Shift Project, « dont la réalisation reste incertaine et la maîtrise totale ne peut être garantie » : construction des infrastructures, innovation technologique, rythmes industriels, recrutement et formation, évolution des usages et conditions agronomiques et sylvicoles. Le rapport sera suivi d’autres plus sectoriels sur la santé, l’emploi, le fret et l’industrie et par la publication d’un livre en octobre.

    La décarbonation de la France au ralenti

    Pour rappel, la réduction des gaz à effet de serre de la France s’est limitée à 1,5 % en 2025, selon les chiffres actualisés du Citepa, publiés mercredi de la semaine dernière. Les émissions de l’ensemble de l’année sont ainsi estimées à 364 millions de tonnes équivalent CO₂ (MtCO₂e), hors puits de carbone, soit le niveau le plus bas observé depuis 1990.

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    Ces chiffres montrent que la France est largement en dessous du rythme nécessaire à l’atteinte de ses objectifs climatiques. Le recul des émissions dans le pays marque en effet un net repli par rapport aux baisses observées en 2022 et 2023, où le rythme était deux à quatre fois plus rapide, rappelle le Citepa. La décélération de la décarbonation de l’Hexagone a commencé en 2024 avec une baisse de 1,8 % après une chute de 6,8 % en 2023.

    Le gouvernement sur le front avec sa SNBC3

    Faire mieux est donc une nécessité et le gouvernement le sait. En décembre, il a dévoilé pour ce faire sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC3). Et ce, avec deux ans de retard. Celle-ci fixe de nouveaux plafonds d’émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Les émissions françaises doivent ainsi être limitées à 347 MtCO₂e pour la période 2024-2028, soit un rythme de baisse de 4,2 % par an en moyenne.

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    Dans un rapport publié en mars dernier, Jean-François Soussana, président du Haut Conseil pour le climat (HCC) et membre du Giec, a « salué les ambitions et les avancées » de la SNBC3. Mais il a aussi émis certains « doutes » sur les mesures permettant de la concrétiser. Des hypothèses de décarbonation, comme celle attendue dans les transports, sont notamment jugées trop optimistes.

    Il faudra aussi, pour le HCC, que la France réduise sa dépendance aux énergies fossiles. Un enjeu sur le plan climatique, mais aussi pour la « souveraineté énergétique » du pays. « C’est d’autant plus vrai avec le conflit en Iran », qui a provoqué ce dernier mois une flambée des prix du pétrole et du gaz. Avec un baril toujours au-dessus des 100 dollars et des négociations entre États-Unis et Iran qui s’enlisent.

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