DÉCRYPTAGE – Le Parlement européen a voté la directive migratoire la plus dure depuis 2008. Sur la défensive, les ONG promigrants se concentrent sur le front judiciaire. En France, Fabrice Leggeri, l’ancien patron de Frontex, est visé par une plainte pour crime contre l’humanité.
La directive votée le 27 mars en séance plénière sur l’expulsion des migrants illégaux reflète – enfin – l’évolution des opinions européennes. La précédente commissaire européenne chargée de ce dossier, la socialiste Ylva Johansson, était à l’unisson des Verts qui, au Parlement européen, bloquaient toute disposition en faveur d’un contrôle renforcé. Son successeur, le conservateur autrichien Magnus Brunner, membre du PPE, a clairement pris le contre-pied de la tendance longtemps favorisée par Ursula von der Leyen : il a soumis au vote du Parlement un projet de directive qui a été adopté en ajoutant les voix des partis eurosceptiques des droites populistes à celles du PPE, afin de contrer l’opposition des socialistes, des Verts et des centristes.
C’est un petit événement dans la vie des 720 parlementaires bruxellois. Les conservateurs modérés ont jugé que le sujet était trop sérieux pour faire la fine bouche et ils ont travaillé de concert avec les partis parias du Parlement, soit le…