La divergence n’est pas encore profonde mais la mise en garde est sérieuse. Cette semaine, l’armée israélienne a averti le pouvoir politique qu’elle manquait d’hommes face à la multiplication des fronts terrestres.
Au Liban, les troupes qui rasent des villages dans le sud et avancent vers le nord pour désarmer le Hezbollah ; à Gaza, où il faut patrouiller le long de la ligne jaune qui ampute de moitié le territoire ; en Cisjordanie occupée, où des avant-postes militaires s’installent à cause des attaques de colons qui s’emparent de terres palestiniennes ; en Syrie, où des bases de sentinelles se positionnent au pied du plateau du Golan… Ce besoin de militaires est d’autant plus problématique pour l’État hébreu que son armée est formée de réservistes.
« Il manque près de 15.000 soldats, dont environ 8000 combattants », a alerté jeudi le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Effie Defrin. Lors d’une réunion du cabinet de sécurité israélien, la veille, le chef d’état-major est allé plus loin. « Je tire la sonnette d’alarme, a prévenu Eyal Zamir, selon le journal Haaretz. À ce rythme, Tsahal va s’effondrer sur elle-même. »
Les législatives dans le viseur
Mais pour Benyamin Netanyahu, les conflits sont sa survie politique. L’état de guerre permanent permet au Premier ministre d’éloigner les critiques à son égard, comme ses défaillances lors des massacres du Hamas du 7 octobre 2023 et ses nombreuses poursuites judiciaires pour corruption ou abus de confiance. Sans compter le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale à son encontre pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité » commis à Gaza. Mais depuis le 28 février, la société israélienne soutient presque à l’unanimité les frappes de Tel-Aviv et de Washington sur l’Iran. À sept mois des élections législatives, pour lesquelles Netanyahou a été donné perdant, l’importance est de taille.
