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  • Pourquoi La Tribune est en grève

    Pourquoi La Tribune est en grève

    Les journalistes de La Tribune sont en grève ce lundi 13 avril, pour protester contre un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) destructeur pour La Tribune et le pluralisme de la presse économique.

    Ce lundi 13 avril, les journalistes de La Tribune sont en grève reconductible. Cette mobilisation fait suite au vote, mardi 7 avril, d’un préavis de grève soutenu par 92 % de la rédaction, avec un taux de mobilisation de 89 %. Des salariés des fonctions support ont spontanément rejoint le mouvement, nous les remercions.

    Nous dénonçons le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mortifère imposé par CMA Media. Tous les postes de journalistes de la rédaction numérique seront supprimés. Trente-deux, en théorie, seront recréés chez Next Interactive, la branche numérique du groupe RMC BFM, dans un « pôle économique BFM La Tribune » aux contours flous. Parmi eux, une vingtaine de postes seulement correspondent à des postes existants à La Tribune. Dix pour cent de l’effectif de la rédaction avait déjà été supprimé en 2025, via des non-remplacements de départs. Après ce PSE, CMA Media aura donc supprimé en un an la moitié des journalistes du titre, et transféré l’autre moitié dans une autre entreprise, ainsi que la régie commerciale, également touchée par le PSE.

    La direction ose présenter ce pôle économique comme un « plan de développement ambitieux » pour La Tribune. Mais quel avenir pour le titre, qui conservera son site Internet, sa ligne éditoriale et son modèle économique, mais amputé de la moitié de ses effectifs ? À court ou moyen terme, une absorption pure et simple des survivants par BFM Business, paraît inévitable.

    Ce PSE est indécent. Rodolphe Saadé, sixième fortune du pays, avait racheté La Tribune en 2023 à l’équilibre financier, avec la promesse de développer le titre. Trois ans plus tard, sous le prétexte d’une perte de 2,5 millions d’euros en 2025 – la plus faible de tous les médias du pôle presse de CMA Media –, il sacrifie sa rédaction économique. Ni un PSE, ni une fusion juridique, n’étaient nécessaires pour créer ce « pôle économique ». C’est un choix de non-développement, au détriment du pluralisme de l’information économique en France et d’un titre de 41 ans d’existence. Et ce, alors même que le groupe CMA CGM a réalisé 2,5 milliards de dollars (2,35 milliards d’euros) de bénéfices nets en 2025.

    Pour éviter la mort à petit feu de La Tribune, les journalistes demandent à la direction :

    • de préserver davantage de postes : de nombreuses expertises actuelles de La Tribune ne trouvent pas leur place dans le projet du pôle économique. Les représentants des salariés demandent la création d’au moins cinq postes supplémentaires correspondant à des postes actuels.
    • de présenter un projet éditorial clair, cohérent et ambitieux pour La Tribune dans le pôle économique, qui garantisse la persistance de son indépendance à long terme et son ADN généraliste.
    • d’améliorer drastiquement les conditions de départ des salariés qui seront touchés par le PSE, en les alignant au minimum sur le plan de départ de Next Radio TV en 2020. Actuellement, le PSE n’est aligné ni avec les moyens du groupe, ni avec les valeurs affichées par Rodolphe Saadé.
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