Le 28 février dernier, l’embrasement du Moyen-Orient a mis le gouvernement français comme les agences de voyage sur le pied de guerre. En Isère, le tour-opérateur Allibert Trekking (170 salariés pour 60 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé depuis sa création en 1975 dans les voyages d’aventure, encadrait alors deux groupes de voyageurs en Jordanie et à Oman, qu’il a finalement pu rapatrier en utilisant, pour le second, un autre vol via l’Arabie Saoudite.
« Mais le gros problème a été et demeure la desserte de l’Asie : car, sur certaines destinations, les hubs du Golfe représentent plus de 50 % de l’offre aérienne : on pense par exemple aux Seychelles, au Népal, à la Nouvelle-Zélande, ou encore au Vietnam… », indique le directeur général de l’agence, Frédéric Giroir.
Au total, près d’une trentaine de voyageurs de l’agence se trouvaient en cours de séjour sur l’une de ces destinations au moment de l’embrasement de la région, jusqu’ici considérée comme une destination « stable » : « nous avons dû trouver des solutions client par client, afin de les rapatrier dans les meilleurs délais : nous avions par exemple un groupe de 7 personnes en Nouvelle-Zélande. Quatre d’entre eux ont dû rentrer par les États-Unis, mais trois autres ne pouvaient pas obtenir de visa ESTA et ont dû passer par Santiago du Chili, Madrid puis Paris ».
Avec à la clé, d’importants surcoûts pour les tours opérateurs, qui sont chargés d’assurer le retour en toute sécurité de leurs ressortissants. « L’une des premières exclusions des contrats d’assurances demeure la guerre, c’est notre job que de prendre ce type de situation en charge », glisse Frédéric Giroir.
Au total, Allibert Trekking estime par exemple que le démarrage de la crise au Moyen-Orient pèsera déjà près de 60.000 à 65.000 d’euros (principalement pour l’achat de nouveaux billets d’avion) sur son exercice 2026. «De son côté, le ministère des Affaires étrangères agit par niveau de risque de criticité, et a focalisé ses premières actions sur les ressortissants du Golfe directement impactés au cœur de la zone », ajoute-t-il.
