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  • Brésil : l’élection d’une députée transgenre à la Commission des droits des femmes divise

    Brésil : l’élection d’une députée transgenre à la Commission des droits des femmes divise

    Le 11 mars, Erika Hilton est devenue la première femme transgenre élue à la tête de la Commission pour la défense des droits des femmes au Brésil.

    Elle s’appelle Erika Hilton, elle a 33 ans. Le 11 mars dernier, elle est devenue la première femme transgenre élue à la présidence de la Commission parlementaire de défense des droits des femmes de la Chambre des députés, au Brésil. Cette élection, remportée par onze voix contre dix abstentions a créé la «controverse», rapporte le quotidien brésilien O Globo .

    En effet, l’arrivée de la députée fédérale transgenre à la tête de cette commission dédiée à l’égalité des sexes a entraîné une levée de boucliers de la part des parlementaires de l’opposition, majoritairement alliés à l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Pour eux, «le principal point de désaccord porte sur le genre de la députée», précise Le Courrier International . «Les parlementaires de droite affirment qu’elle n’a pas la “légitimité” requise pour présider la commission», ajoute O Globo.


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    «Blackface»

    Au-delà de la sphère politique, le présentateur Ratinho, proche de Bolsonaro et figure médiatique influente au Brésil, a lancé des «propos transphobes» à l’encontre de la députée, indique le quotidien brésilien Metrópoles . À la suite de quoi cette dernière a porté plainte. L’animateur n’est pas le seul à critiquer publiquement Erika Hilton. Ce mercredi 23 mars, Fabiana Bolsonaro, députée conservatrice de l’État de São Paulo, s’est peint le visage en noir lors d’un discours, pour protester contre cette élection. Son geste a été contesté et a déclenché une polémique à l’échelle nationale, étant perçu comme du «blackface».

    Cette dernière s’est justifiée en expliquant que son objectif était de montrer que, même maquillée en noir, elle ne peut pas comprendre les réalités vécues par les Noirs. «Je te le demande, toi qui me regardes, moi en train de me maquiller en noire, est-ce que je ressens dans ma peau la douleur qu’une personne noire a ressentie à cause du racisme ?», a-t-elle dit, rapporte Globo . Selon elle, en tant que femme trans, Erika Hilton ne peut pas comprendre certaines réalités biologiques.

    Des attaques ont également émergé sur les réseaux sociaux. Toutefois l’équipe de campagne de Erika Hilton avance que des partisans de Bolsonaro ont payé pour diffuser «au moins 145 publications» critiquant son élection, selon des informations de Metrópoles .

    Ses soutiens qualifient ces critiques de « discriminatoires »

    Face aux critiques, Erika Hilton a publié un message sur ses réseaux sociaux : «L’opinion des transphobes et des imbéciles est la dernière chose qui me préoccupe», en utilisant le terme «imbeCIS», pour désigner les personnes cisgenres (personne dont le genre qu’on lui a attribué à la naissance est le même que celui par lequel elle se définit). Elle a ensuite expliqué que ses propos s’adressaient uniquement aux attaques en ligne et non aux parlementaires. Ses soutiens ont dénoncé les critiques, les qualifiant de « discriminatoires ». La gauche, a de son côté accusé l’opposition d’«instrumentaliser cette polémique à un moment crucial du calendrier politique», à six mois de la prochaine élection présidentielle, rapporte O Globo

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